TOPOGRAPHIE.
Population. — Sol . — Climat. — Le canton de Neuchâtel est borne' à l’est par le canton de Berne et par le lac de Neuchâtel , au sud par ceLe et par le canton de Vaud , à l’occident par laFrance , et au nord par le canton de Berne . Sonsol se divise en trois sortes de terrains différons :l’étroite bande de terre baigne'e par les eaux dulac, jusqu’à l’e'le’vation de 4 ou 500 pieds ou larégion des vignes , les valle'es dont l’élévation n’ex-cède pas 1,200 pieds ou la région des champs etles valle'es et pics plus e'ieve's ou la région des pâ-turages. Ces montagnes n’excèdent pas en ge'ne'ralla hauteur de 5,000 pieds au dessus de la mer. Lalongueur du canton est de 8 à 10 lieues communes,de 25 au degre', sa largeur de 4 à 5 , en sorte quesa surface est d’environ 38 à 40 lieues carre'es.
Rivières. — Lacs . — LaThielle, une partiedu Doubs , la Reuse, le Seyon, et la Serrières, lelac de Neuchâtel , une partie de celui de Bienne ,ceux de la Br e 'vine et de Loclat et quelques ruis-seaux et sources, dont les hautes valle'es sont pres-que totalement de'pourvues, forment toutes leseaux de la principauté,
HISTOIRE.
Un pays dont le bonheur consiste à être ignoréet oublié ne peut avoir d’histoire proprement dite.Le chevalier de Montmollin a prouvé que Noide-lonex , détruit par les Helvétiens sous Jules César ,rebâti sous Vespasien et de nouveau ruiné par lesbarbares, était situé dans un quartier de la villenouvelle qui porte aujourd’hui le nom de VieuxChâtel. Les Romains avaient de nombreux éta-blissemens sur les bords du lac, et à l’embouchurede quelques ruisseaux qui s’y jettent. Saint-Biaise,connu sous le nom d’Arens (arena), Marin ( malaarena) , paraissent avoir été des ports fréquentéspar les Romains , qui y embarquaient les pierrestirées des belles carrières d’IIauterive ( alla ripa).Une route , dont les traces portent encore le nomde Vi detra ( via dextra ), traversait les forêtsdont le pays était couvert, et se dirigeait direc-ment d’Yverdun dans le Rauracie. Les irruptionsdes Barbares effacèrent les faibles traces de la cul-ture et de la civilisation introduites par les Ro-mains. Les noms du moyen-âge suffisentpour don-°er l’état déplorable où la contrée avait été réduite.
Les anciennes chartes désignent le pays en géné-ral sous la dénomination de nigri montes • la belleet riante vallée du lac de Bienne s’appelle nigravallis , et par corruption Nugerol. Des hommesqui fuyaient la persécution et la mort s’établirentdans ces déserts sous la protection de barons dontils se reconnaissaient les vassaux. Au VII e et auVIII e siècle, le pays qui s’étend depuis le lac de Neuchâtel jusqu’à l’Aar , et toute la vallée du lac de Bienne , appartenaient à une famille parente oualliée des derniers rois de Bourgogne . A cette épo-que, le Jura n’e'tait qu’une vaste forêt qui sépa-rait la Bourgogne de l’Allemagne . Le val de Nu-gerol , incorporé dès le IX e siècle au comté deBipp, reparaît, dans une charte du roi Conradde 957, comme appartenant au comté de Bargen .Wippo, Hermann le Contract Ilcppidan, sontles premiers historiens qui fassent mention doNeuchâtel . Dans le XI e siècle, le pays passa sousla domination des empereurs d’Allemagne , qui ac-cordèrent des franchises aux habitans. A cetteépoque, on distinguait trois espèces de citoyens :les hommes royaux, qui étaient libres, ne dépen-daient que de l’empereur,et suivaient à cheval labannière du comte de Neuchâtel ; les ministe'-riaux , qui accompagnaient le comte en qualitéd’écuyers; enfin les serfs. En 1113, les habitansfurent affranchis et devinrent taillables , c’est-à-dire imposables suivant leurs fortunes , maisle comte renonçait sur eux au droit de vie et demort. Dans le siècle suivant, les libertés furentsuccessivement étendues. L’acte de 1214 est le ré-sumé des chartes neuchâtelloises depuis 1113. Cetacte fut ratifié par l’évêque de Lausanne . Les pro-grès de la civilisation , quoique entravés par lesaltercations fréquentes d’une noblesse toute mili-taire , durent nécessairement s’étendre de la villeaux campagnes. Les montagnes du Locle , de laSagne et de la Chaux-de-Fond ne commencèrentà être cultivées et habitées que vers la fin duXIII e siècle. L’ancienne maison des seigneurs deNeuchâtel était dès lors puissante. Elle possédaitdes terres et des fiefs dans la partie occidentale dela Suisse . Elle se divisa en quatre branches , sa-voir : de Neuchâtel , de Vallangin , d’Arberg et deRidau. Rollin ou Rodolphe céda sa seigneurie àl’empereur Rodolphe de Hapsbourg, qui la trans-mit à Jean de Châlons, seigneur de la Bourgogne .Ce dernier en conserva l’administration directe àl’ancienne famille* Isabelle, dernier rejetondc cette
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