DE LA VIPERE. i 3î
Tels font l’Ellebore,Scla Ciguë, qui nourris-sent Sc engraissent les Cailles Sc les Chèvres,qui font après employées vtilement pour lanourriture des hommes ; Sc c’est ce que Lu-crèce a fort bien remarqué en ces Vers,
Praterek nobii veratrum est acre venenum ,
At Capris adipes , S" Coturnicibtis auget:
Quippe videre licet pinguefcere sape Cicutà
Barbigeras pecudes , homini qua est acrevenenum.
Or ceux qui n’auront point d’aversion pourla cirait de Vipere , en prendront le cœur, lefoye, Sc le tronc, Sc se contenteront de lesbien laver 5 ils pourront en fuite Raccommo-der à leur goust en les faisant apprester : ilsdoivent, toutefois, éviter de rendre cettechair échauffante par trop d’épices , Sc furtout par le poivre ; ils pourront pourtant ymettre quelque brin d’herbe aromatique,comme Thym , Serpoulet, Sc semblables,ou tant soit peu de Muscade, ou de Cannel-le , ou vn Clou de Girofle , seulement pourrelever tant soit peu son goust. Ils doiventaussi éviter la faute que commettoient lesAnciens, en fouettant Sc irritant les Viperesavant que les faire mourir, de peur que cet-te irritation ne fistquelque mauvaise impres-sion dans leur corps, qui, de soy n’a aucune