DË L A VIPER È* I/rfait bien voir, que les Anciens ne s’estoientpas attachez à connoistre les parties inter-nes, dont les mixtes font composez, & qu’ilsn’avoient pas bien connu la nature du veninde la Vipere, dont ils craignoient d’estrein-fectez, par la fumée qui venoit de fa calcina-tion, quoy qu’il n’en pût sortir aucun venin,puis qu’il n'y en avoit point, comme nousi’avons montré. Et quoy que l’odeur, tantdes Vipères,que de tous les Simples, pût estreincommode, tandis qu’ils brûloient, ellen’avoic pourtant en elle rien de venimeux.
Le peu de connoiísance que ces Anciens,& mefme plusieurs Modernes, ont euë, de lanature des deux Sels que la Vipere contient,les a fait tomber en vne grande faute,savoirde calciner les os des Viperes , pour en tirer,comme ils ont prétendu, le véritable Sel deVipere, qu’ils n’avoient garde de trouver,aprés savoir dissipé parla calcination. Cette
Í jremiere faute en a attiré vne seconde j care peu de Sel fixe qu’ils y ont trouvé , ne lessatisfaisant pas beaucoup , a porté ceux quin'avoient guere d honneur, ny de coniciemce , û vn abus bien grand, qui a esté de mê-ler parmy ces os calcinez, vne bonne quan-tité de Sel marin , de faire dissoudre le Sel,St bouillir le tout ensemble dans de Peau ,1efiltrer, & le coaguler, & de vendre chere-ment ce Sel contrefait, pourvn véritable Selde Vipere. L ij