REMARQUES.
M On dessein n’cst pas de combattre ce queM.Descartes dit touchant la lumière, queáu corps lumineux elle parvient en un ìnflantjufqu'à nos yeux. Je fuis d’accord avec lui ence point > & je fuis persuadé que l’efïufion dela lumière ne fe peut faire par un flux succes-sif de quelque substance subtile. Je veux feu-lement examiner son raisonnement, afin quechacun puisse juger si l’argument qu’il ap-porte , est une démonstration comme il le sou-tient , ou si C est seulement un paralogisme ,comme son adversaire le lui reproche.
M. Defcartes établit d’abord que la lumiè-re emploiroit une heure à parvenir de la lu-ne jusqu’à nous , si elle employoit la vingt-quatriéme partie du rems que les artères bat-tent une fois , à venir depuis un miroir, quiferoit éloigné d’un quart de lieue. 11 supposeen ceci, que le rems du mouvement de la lu-mière doit être à même proportion d’autantplus long , que l’espace qu’elle a à parcourir,est plus grand : ce qu’on peut fore raisonna-blement ne lui pas accorder. Car encore quela Lune soit douze mille fois plus éloignée denous , que ne 1c feroit ce miroir ; il ne s’enfuitpas pour cela qu’il faille à la lumière douzemille fois plus de rems pour venir de la Lune ,que pour venir du miroir : parce qu’il fe peutfaire que la lumière fe meuve fort vîte dansce grand eípace qui est vers le Ciel , Le fort