jïí. DE LA. CONNAISSANCE
pensée sérieuse d’un Philosophe , a été reçu âívecun applaudissement incroyable d’une infinie,té de personnes : on en a donné mille louan-ges à l'Auteur Aristote , & tous les Anciens nefont rien' au prix de lui ; & jamais peut êtreChristophe Colomb n’a reçu tant de bénédic-tions du peuple, pour avoir découvert les mi-nes de 1’Amerique , que Monsieur Descartes ena eu de ses Sectateurs,pour avoir enrichi la nou-velle Physique , pat la découverte de tant detrésors inconnus à l’Antiquiré.
VIL Sentiment extraordinaire touchantles qualité z. fenjibles.
Voici encore quelque chose de plus surpre-nant. Jusques-ici nos sens avoient été en posses-sion de juger des choses sensibles; leur juge-ment étant absolu , personne ne leur contestaitleur jurisdiction : Si quand il s’agissoic des cou-leurs, de sons, de faveurs, & de choses sembla-bles,on s’en raportoit aux yeux,aux oreilles,& àla langue,& on ne croyoit pas qu’il pût. y avoir,en cela de la tromperie. II y a même des Phi-losophes qui ne reconnoissent point d’autre ré-glé pour juger infailliblement de la vérité , &ils pensent que nous n’ayons jamais de plusgrande certitude , que lorsque, tous nos sensconspirent à nous representer la même chose,,.Q^o.qu’il en soit de cette réglé , il est cer-tain qu’il n’y a tien de quoi nous fussions,moins disposez à douter , que des choses quenous , & tous les hommes avec nous, expéri-mentions pat nos sens, depuis nôtre naiflance,.Ainsi nous n’ávions pas le moindre doute , quelassuruiexe que nous voyons ne fût répandue