DES BEST ES. ;2;•átc : de forte qu’à la vûë de toutes ces allées& venues si inquiètes, de tous ces bonds , deces rreflaillemens & de ces caresses , nous n’a-vons pas plus de sujet d’attribuer au Chien au-cune véritable passion , qu’à une aiguille ai-mantée , qui semble chercher avec empresse-ment son pôle, & demeurer paisible & conten-te quand elle l’a trouvé. De même , disenc-ils , quand un chien est blessé , i! ne sent pointde douleur ; & quelque pitoyables que soientses cris,ce n'cst pourtant qu’un bruit fait natu-rellement par la machine de son corps, qui nc- marque pas plus de douleur ou de sentimentque le fait le bruit d’un tambour ou d’une cha-tette mal graissée. Ainsi on a grand tort d’ac-puser de cruauté ceux qui massacrent les ani-fnaux. A la vérité , c’est grand dommage dcgâter ainsi des machines si admirables -, maisaprès tout,il nly a pas en cela plus de cruautéqu’à déchirer un tableau de Raphaël , ou àbriser impitoyablement une Antique. Aussi lorsqu après avoir frappé une bête , elle se retour-ne , St nous mord ; si nous nous imaginons quec’esi par colere & par vengeance ce quelle enfait , nous sommes aussi simples que ces bons
* Gnidier.s , qui voulant percer leur Isthme B& se mettant déja en devoir de piquer à coupsde marteau le Roc qui sépare les deux mers,s’arrêterent bien-tôt , voyant que las éclatsleur ea sautoimt au visage, & crurent ferme-ment que le Rocher ne trouroit pas bon leucdessein , qu’il écoic choqué de se sentir ainsiftapé , & que c’étoi: par vengeance quil ieutvouloir crever les yeux ; si bien qu ils aile-
* I-Ierodot. I. r. Pausan.irs Corinthiacis.
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