DES B E S T E S.
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XLII. Si les esprits suffisent pour cela , 'ils suffisent aujsi pour les mouvementdes Animaux*
Je s$ai Bien que l'on dit ordinairement queces mouvemens des parties coupées se font parle moyen de quelques esprits , qui ne pouvantêtre éteints dans un moment, s’agitent un peutandis qu’ils subsistent. Mais c'est cela mêmequi semble favoriser l’opinion que je traite ; cars'il est vrai que de purs esprits , c’est-à-dire > decertains petits corps fort subtils , puissent mou-voir ainsi régulièrement des membres séparez»
& que ces insectes divisez en plusieurs partiespuissent fuir,éviter la rencontre de ce qui pour-roit leur nuire , & enfin donner toutes les mar-ques de vie s si tout cela , dis-je , peut se fairepar le moyen des esprits, fans qu il soit besoinde connoissance,de sentiment ou de perception;il ne faut pas ttouvet étrange,si l’on dit ensuitegénéralement, que tous les mouvemens des Bê-tes fe font aussi par le moyen des esprits, ou parquelque r \ìose d’équivalent, puifqu’il est «bail-leurs bien manifeste,que tout ce que nous votonsfaire auz Bêtes , & ce que font ces parties divi-sées,ne diffèrent que comme le plus 8í le moins.
XLlll . ‘Tour savoir ce que c’es quesentir & appercevoir ,11 faut se con~sulter soi-même.,
Paíïbns plus outre, & tâchons de penetter lanature du sentiment & de la perception:& pourne pas dire ici des choses en l’air, & qui ne fa.-