42.4 VL LA CONNOISSANCEmaux.étoit une substance spirituelle, comme estla nôtre , je conçois fort bien qu’elle auroit lafaculté de connoître & d’apercevoir les mou-vemens d’un. corps qui lui íeroit intimementprésent. Mais íi cette ame de la cire aussi-bienque celle des Bêtes est une substance corporelle,c'est-à-dire , si elle est un corps elle-même , nepeur-ou pas dire d'elle , ce que j’ai dit de lacire ; quelle pourra bien être agitée en diverssens , qu’elle pourra recevoir une infinité de fi-gures, qu’elle fera capable de froid & de chaud,& de semblables qualitez ; mais que tout celaensemble ne sera pas capable de la faire aperce-voir ì
XLIX. Quelques-uns pensent que cette
opinion qui nie les âmes dans les ani-maux est dangereuse.
Quelques-uns pensent que cette opinion quinie les âmes dans les animaux est dangereuse ,& qu’elle favorise l’impieté des libertins , quine veulent pas reconnoître rimmortalité denôtre ame : car , disent-ils, si une fois l’on ad-met que toutes les opérations des Bêtes peu-vent fe faire fans ame , & par la feule machinedu corps ; on viendra bien-tôt à faire le pas, &à dire aussi que toutes les opérations des hom-mes peuvent fe faire par une semblable disposi-tion de la machine de leurs corps. Voilà ce quedisent quelques-uns > dont le zele est assuré-ment bien louable : mais ils ne font pas peut-être réflexion qu’on peut leur opposer un sem-blable raisonnement , & leur dire : Si une foisvous admettez que tout ce qui se passe de plusadmirable dans les Bêtes , peut fe faire par le
moyen