0ES BESTES.
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CF1. Quelques-uns ne reconnoljfent point
d’antres êtres corporels que ce qui eflm corps..
Queíques-uns des nouveaux Philosophesdans la pleine persuasion où ils sont qu’on ne-les croira pas, avouent franchement qu’ils-oncl’esprit trop grossier pour comprendre cettePhilosophie ; qu une si grande subtilité les pas-se ; & que pour eux ils ne peuvent point con-cevoir qu’il y ait au monde autre chose de cor-porel que ce qui est un corps, c'est-à-dire, unesubstance étendue en longueur,en largeur, & enprofondeur. Ces Messieurs, en parlant avec unesi grande humilité, pourroient bien en dire tant,,qu’on viendtoit à prendre toutes ces expres-sions pour une déclaration sincere , & non paspour une ironie. Les Epicuriens accoutumez àraisonner suivant les sens, ne reconnoissoiencdans la nature que les choses sensibles ; Lcquand on leur parloir des Esprits,, ils faifoientles humbles, & disoient de même qu’ils n’a-voient pas 1 esprit assez subtil pour concevoirune substance qui ne fût ni noire ni blanche „ni dure,ni molle , ni courte,ni longue, ni en unmot étendue. Ces gens-là.pretendoient se rail-ler , & ils croient persuadez que tout le inondeaurou pour eux des sentimens pareils à ceuxqu’ils avoienr eux-mêmes, & qu’on ne les pren-droir pas pour des esprits grossiers , quand ilsferoient profession de n’avoit pas la conceptionassez fine pour comprendre qu’il y eût riendans la nature que des corps.. Mais par malheuril. s’est trouvé que le monde n’a pas eu pour euxtoute, la çoncksçendançe possible ; & que cç
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