DES BESTES; 4«ffonnable ; & il n’y auroit pas moins de folie derévoquer en doute l’existence réelle du mondevisible, que de nier la vérité des premiers prin-cipes. Vous avez beau dire que les sens fourtrompeurs ; qu’il peut y avoir absolument derilluíìon dans les apparences des objets ; quenous pouvons nous imaginer des choses qui nefont point : tout ce que vous me sçauriez diresur ce sujet, ne sera pas capable de m’ébranler lemoinsdu monde. Je ferai toujours persuadéqu il y a des hommes , & des étoiles ; & vousme feriez auílì-tôc douter de ma propre exisstence, que de celle d’un Soleil , ou d’un Monde.La persuasion secrette & intime dans laquellenous naissons, que Dieu n’agit que trés confor-mément à une sagesse infinie, ne nous laifle pasla liberté de douter que ce qui nous paroît unmonde, avec une fuite si confiante & si confor-me à elle-même , ne soit effectivement unmonde.
CXFÎl. Dieu nous tromperait , ft luBetes n étolent que de puresmachines.
J'en dis autant à f égard des animaux. Carlors qu’un Jongleur nous fait voir des marion-nettes qui marchent, qui parlent,& qui font desactions semblables aux nôtres ; nous ne dou-tons point qu’il ne nous trompe , parce qu’avoir toutes ces actions extérieures , nous som-mes d’abord naturellement portez à juger qu’el-les se font là de la même maniéré qu’elíes scfont en nous-mêmes > & qu’ainsi ce que nous
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