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La dioptrique oculaire ou la théorique, la positive, et la méchanique, de l'oculaire dioptrique en toutes ses espèces / par le père Cherubin d'Orléans
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'Coníîsten-ce des hu.meurs cristallin , &virré, al-ternative-ment con-rrairc en-l’animaivivant ,&mort.

PourquoyJ’humeurvitré, estdeconsi-stenccplus soli-de, que leCristallin,en l’ani.mal vi-vant.

Raisonpour la-quelle,l’on11e peut é-galementbien voirun objetproche, enregardantattentive-ment unautre pluséloigné,aumetmetemps.

3» LA DIOPTRIQVE OCVLAIRE,

avons veu, que la chaleur naturelle 8c vitale entretenoìt presque liquide, sccongele, parla privation de cette chaleur, 8c se durcit continuellement a-vec le temps : Mais celle del’humeur vitré , que la chaleur vitale entrete-noit en consistence aíîez solide Sc ferme, se liquéfié au-contraire , & se résouten eau, par la privation de cette chaleur, 6c la longueur du temps.

De cette apparence, quelques-uns ont inféré, que l’humeur vitré est plusdense, que le cristallin ; comme aussi de ce qu’il fe trouve teint, quoy-que le-gerement en couleur d’eau marine. Mais ny l’une, ny l’autre de ces apparen-ces , ne font pas suffisantes, pour établir cette opinion ; n’y en ayants pas d'ex-periences formelles. Car pour le premier, fa consistence plus solide ,n’excludpas toujours fa plus grande diaphaneité, par le z8. Axiome : ny fa legere tein-ture, puisque nous voyons du verre dé cette couleur, plus transparent, qued’autre, qui est tres-blanc. Joint que , si cette plus grande densité prétenduede l’humeur vitré, estoit l’effet de ces deux causes ; cela nuiroit necessairementà la vision, à cause de la quantité de l’humeur vitré au respect de celle de l’hu-meur aqueus, Sc du cristallin ; puisque rempliílant toute la capacité de la Ré-tine , fa densité dans toute cette étendue feroit excedente ; Sc conséquem-ment nuisible aux efpeces visuelles déja affoiblies : ,foit par la distance de leurobjet, soit par les précédentes réfractions, qu’elles auroient fouffertes en lapénétration des humeurs aqueus, & cristallin.

Que si l’on demande, âquoy donc peut estre utile, cette plus solide consi-stence de l’humeur vitré, d’autant que la nature ne fait rien inutilement ? La .réponse à cette question, estant icy le sujet d’une remarque singulière ; l’onpeut dire que fa consistence sert spécialement, pour consolider, Sc affermirtoutes les parties de l’œil, respectivement en leur propre situation naturelle;car en premier lieu, estant enfermé danslaRetine, íà consistence sert à la te-nir tendue, suivant la forme fpherique requise à produire l’effet d’une parfaitevision. Secondement, Que cette consistence de l’humeur vitré, est une mar-que de la stabilité de sa forme, Sc de celle de la Retine, Sc confequemment detoute la partie plus interieure de l’œil$ laquelle cette consistence supposée, nepeut pas naturellement, ny facilement estre altérée, ny mefmes íàns un grandeffort, qui cauferoit une douleur sensible en l’organe. Cette consistence estdonc par conséquent aussi un argument, contre le mouvement que quelques-uns donnent àla Retine, voulant quelle s’allonge, Sc accourcisse, pour recher-cher les sommets, des pinceaux optiques. A quoy l’on répond, que l’expè-rience fur laquelle ils prétendent fonder leur opinion, ne concludrien en íà fa-veur. Puisque, si l’on présenté un objet proche , â quelqu’un qui en contem-ple tres-attentivement un autre plus éloigné } ( pour demeurer dans l’expressionde leurs propres termes : ) la cause pour laquelle il ne discerne pas au mefme in-stant , cet objet qui luy est présenté proche ; n’est pas que la figure de son œilsoit actuellement autre, regardant cet objet éloigné; qu’elle ne doit estre poutvoir celuy qui luy est présenté proche : mais feulement, d’autant que ses deuxyeux estants actuellement respectivement contournez, pour recevoir par lescentres de leurs pupilles, Sc de leurs humeurs , les axes , ou rayons principauxde l’objet éloigné , qu’ils regardent, ils ne le peuvent estre au mefme temps,pour recevoir en la mesine maniéré, ceux d’un objet plus proche, par le 29. A-xiorne. D’oùil s’enfuit, qu’ilrie le peut voir que confusément. Joint que sui-vant l’Axiome des Philosophes, l'attention singulière, avec laquelle l'on suppo-se voir cet objet éloigné ; suppose aussi en conséquence, qu’on n’en a que peu,pour voir au mesine temps l’objet qui est présenté proche. Et par conséquentencores pour cette cause, si l’on void cet objet éloigné tres.attentivement : l'onne peut voir le proche, que fort confusément. Et au-contraire, Ce que je dis à

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