68 LA D I O P T R I QVE O C VL AI R E,
Lc chacun des rayons contenus en Pefpace n m , de la partie senestre du verre,
F orte en I’œil i h , les especes du point b , delapartie senestre de l’objet : maisœil: i k, reçoit en cette maniéré les parties des pinceaux, qui lu y font en-voyez des points del’objet comme a, b ; en leur vraye lìtuation naturelle, qu’ilsont réellement en l’objet, c’est-áRçavoir a , dextre ; b, senestre. Or l’œil,void toujours les parties de l’objét en la mefme situation ; en laquelle, leursrayons font portez, fur l’ouverture dc fa pupille. ( Car encore que ces deuxpinceaux, s’entrecouppent èn Fouverture de i’œil ik, & que leurs sommetsintérieurs g h , appliquent les especes des deux points ab, del’objet qui lesenvoye, en situation renversée, fur le fond de la Rétine, dans l’œil : en la ma-niéré que nous avons fait voir, expliquants la vision tant simple, que rompue,dans les 3.6c 5. Sections de la premiere partie dece livre. La faculté visive re-dresse neantmoins naturellement, en l’animal vivant, cette situation des efpe-ces qui fe fait inverse dans laRetine: comme j’ay expliqué en la 5. Section deJa premiere Partie. ) Par conséquent, l’œil pôle entre le verre convexe, &: sonpoint de concours, void l’objet en fa situation naturelle. Ce qu’d faloit dé-montrer.
COROLLAIRE.
1 E previens icy l’admiration du Lecteur ; qui remarquera fans doute, Queles pinceaux qui portent icy les eípeces des points d’un objet comme a,b, àl’œil 1 k, assemblent peu de leurs rayons, &. peu précisément, aprés leurs ré-fractions en la pénétration d’un verre convexe fpherique. Car par exemple, ilest évident que du pinceau du point a , les seuls rayons contenus entre les deuxextrêmes iola,amrk, font leur concours environ le point h j ce que nepeuvent faire les autres , qui le font beaucoup plus loin , & encore beaucoupmoins exactement environ le point v. De mefme, du pinceau du point b , lesseuls rayons contenus entre les deux extrêmes k s n b ,b m Qj, ,font leur con-cours environ le point o ; mais tous les autres, beaucoup plus loin, plus con-
fusément ; environ le point x. Dequoy nous avons déja insinué la cause, furla fin du discours de la Vision rompue : c’est-à-fçavoir, que quelconque formeou figure , que puissent avoir les humeurs., & la Renne , en l’œil Je mieuxproportionné j & encore que l’on donne la figure hyperbolique, à la superfi-cie interieure du cristallin, comme veut Keplerenfa D ioptrique Proposition60. avec cela neantmoins ^dircch com ( dit-il ) omnes radii collìguntur ad unicumRésina punïlum. Obliquorum concrum lìnea , non pojjunt plane omnes colligi ; qttarepiBura fit confusion. Paralippom. ad Vttellionem cap. /. L’on ne doit donc pas ad-mirer, qu’un verre fpherique ne faste pas ce que la nature mefme, ne peut faireenl’œil,avec tout ce que fart présume contribuer à fa perfection. Et que cet-te figure, qui ne réunit pas mefme précisément les rayons du cône direct, enun seul point de concours, comme nous avons fait voir au Corollaire premierdelaProposition 2. ne fasse pas non plus réunir icy en un seul point de concours,les rayons de chacun de ces cônes , puifqu’ils font obliques,ou latéraux.
Cela ausiìn’estant pas necestàirement requis à la parfaite vision, telle que lanature nous l’a fait reconnoître ,par les expériences continuelles ; ce que j’ayamplement fait voir au discours desdisserences, qui fe trouvent entre la vi-sion directe, &L oblique section 5. premiere Partie. II suffit donc que ce verreconvexe fpherique, fasse reiinir cette partie spécifiée , des rayons de ces deuxcônes obliques, astez proche des points de concours g , & h , à la distance en-viron , de la longueur du demy-diametre de fa convexité, par la seconde Pro-