TROISIEME PARTIE. 36^
doigt sur le tripoly de la forme, en quelque endroit hors du travail 5 car ainsien estant imprimé, il ne nuira pas en fuite , si l’on en touche la forme , ou leverre t mais ce doit toujours estre legerement , 8c dans la nécessité feule-ment. -r
OBSERVATION J V.
L Artiste reprenant le travail, aprés quelque autre occupation ; doit net-toyer ses manches, 8c fes mains, crainte de porter quelque ordure fur laforme, qui puisse gaster le verre 5 car il en est tres-fufceptible , en cette for-te de travail. II doit aussi passer le verre d’épreuve fur le polissoir, trois ouquatre tours, pour le reconnoistre 5 6c s’il y rencontre quelque petit grain, soitqu’il se découvre estant dedans Tépaisseur du papier* ou qu’il y soit tombé:(ce que l’on co n n oi st, lors que le verre d’épreuve passant pardessus, l’on sentqu’il y mord, 6c on l’entend mesme crier: ) il faut aussi-tost lever la molet-te , 6c remarquer l’endroit á peu prés , afin de Poster, non du doigt, y estantsouvent imperceptible * mais avec le trenchant d’un Cousteau , un peu incliné rle passant dextrement, 6c avec attention, fur l’endroit du polissoir , auquelon l’a fenty ; 8c en cette maniéré, on Postera facilement. L’ayant osté , l’onrepassera le verre d’épreuve plusieurs fois fur ce mesme endroit* 8c n’y sen-tant plus rien, l’on y remettra le bon verre, pour continuer son travail.
OBSERVAT ION V .
I L yadu tripoly, qui ne s’adoucit pas facilement j 8c qui travaille, ôcmordpresque aussi fort ,â la fin du polir, qu’au commencement -. ne donnant au-cun indice suffisant, pour faire connoistre si le verre estassiez poly , ou non.L’Artiste estant nécessité de se servir de semblable tripoly, se conduira pru-demment en son travail ; considérant le temps qu’il y aura employé, afin d’a-gir au reste, selon que l’experience l’enseignera. Et il ne faut pas qu’il eíperepouvoir donner le beau poly noir, au verre ; avec ce mauvais tripoly : maisfeulement le griíastre , ou gras. C’est-pourquoy, afin d’y suppléer ce défaut,°n luy donnera le poly lustré, furie cuir, ou la toile ; comme au Chapitre pré-cédent avec la potée d’estain. Ou bien , raclant un peu du tripoly que nousavons brûlé, au Chapitre 7. fur ce mesme tripoly rude ; 6c agréant en suite laforme du polissoir, avec le gros verre, comme en la seconde Observation * puisavec le verre d’épreuve : Et l’on y repassera enfin le bon verre, pour luysuppléer ce défaut, 6c luy donner le dernier poly.
OBSERVATION VI.
L Orsque l’on fera contraint, de remettre un verre au polir, aprés l’avoiressuyé , 6c osté le tripoly qui y adheroit , il faut prendre garde à le con-duire doucement, fur le polissoir, pour luy faire reprendre peu à peu, Pimpres-sion du tripoly car autrement , n’y faisant que glister , 8c n’y pouvant estreconduit bien regulierement , on le poiirroit facilement gaster. Il ne le fautdonc point p rester, mais se contentant de la pesanteur de sa molette ; la pousser,& r’amener doucement , en la tournant entre les doigts, tant que l’on fenteque le verre commence à résister au mouvement: car c’est I’indice, qu’il re-prend le tripolv ; 6c alors, la nécessité mesme y obligeant, l’on pressera, 6 CPouffera la molette, toujours en augmentant de force ; à mesure qu’û augmen-ta fa resistence.
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