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Les différences entre les espèces sont souvent fort difficiles à saisir; car dans beaucoup de cas,elles ne reposent que sur des particularités de détail en apparence très-insignifiantes. Mais l’ex-périence a démontré que plus un type est uniforme, et plus il faut avoir égard aux moindresdétails de ces formes. Des figures multiples, représentant les espèces sous toutes leurs faces, sontici indispensables, et c’est parce que les figures de Phillips sont insuffisantes pour faire ressortirtous les détails spécifiques qu’il importe de connaître, que je me suis abstenu d’identifier sesespèces avec les nôtres. Aussi bien , si l’on voulait appliquer aux Gresslyes et à beaucoup d’autresMyacés les mêmes règles qui servent à différencier des espèces d’autres types très-accidentés,rien ne serait plus facile que de les ramener toutes a une seule espèce ; car il est évident que lesespèces de Gresslyes diffèrent moins entre elles que les variétés d’âge de telle Ammonite ou detel Gastéropode ne diffèrent l’une de l’autre. Pour être rigoureuses, il est de plus nécessaire queles déterminations soient faites autant que possible sur un certain nombre d’exemplaires; et c’estlà la règle que j’ai suivie dans l’étude des Gresslyes. Il se pourrait malgré cela que quelques-unes de mes espèces ne fussent que des variétés locales. C’est ainsi que je ne serais point surpris sil’on venait à démontrer par de nouvelles observations que les G. laiior et G. rostrata ne sont quedes variétés de la G. lunulata. Mais comme jusqu’ici je n’ai pas encore rencontré de passages entreces diverses formes, j’ai dû les décrire comme des espèces distinctes.
Considérées sous le rapport géologique, les Gresslyes sont un type essentiellement jurassique.Du moins n’en connaissons-nous avec certitude aucune espèce dans les étages plus anciens quele lias. Elles arrivent à leur plus grand développement numérique dans l’oolite inférieure, sousle rapport des espèces comme sous le rapport des individus. Le Jura moyen ne nous en a fournijusqu’ici qu’une seule espèce; l’on n’en a pas encore signalé dans le Jura supérieur, ni dans lesterrains de la formation crétacée. A bien plus forte raison sont-elles étrangères aux terrains ter-tiaires et à l’époque actuelle. Elles paraissent avoir vécu en société à côté des Pholadomyes , desArcomyes, des Mactromyes , des Pleuromyes et d’un grand nombre de Céphalopodes des genresAmmonites et Bélemnitcs et de plusieurs espèces de Discoïdées et de Dysaster (Echinodermes ).Elles habitent de préférence le sol littoral vaseux, les graviers et les sables ; elles deviennent demoins en moins fréquentes vers les régions pélagiques, et ne paraissent s’y trouver que par suitede charriages, ainsi qu’un certain nombre d’autres fossiles. On les trouve, suivant les espèces,tantôt dispersées sans ordre dans les terrains, tantôt réunies par familles peu nombreuses.