EXTRAIT DES REGISTRES de T Académie Royale
DE s ^ S C 1 E N C E S.
D u 17 Décembre 1762. -
■L’Académie m’ayant chargé d’examiner plus régulières.
F Art du Menuisier, fait par le sieur Roubo Les AíTemblages dont il traite dans le quâ-fils, Compagnon Menuisier, je vais expoíer trieme Chapitre, contribuant non-seulementla marche que l'Auteur a suivie dans la des- à la beauté des ouvrages, mais encore à leurcription de ce bel Art ; mais auparavant je solidité ; auíli c’est une partie très-mtéressantedois rappeller à la Compagnie que M. Jeaurat de cet Art. L 5 Auteur parle d abord d e leursavoit entrepris de décrire ce même Art, & usages ôc de leurs proportions ; il explique laque le sieur Roubo étant venu le présenter à façon de faire les Assemblages à tenons ôcT Académie, M. Jeaurat a eu la générosité de mortaises , ceux à enfourchements, commentrenoncer au travail qu’il avoit commencé, on doit ménager les Onglets dans disséren-jugeant convenable de |’abandonner à un hom- tes circonstances, les Assemblages que l’onme du métier, capable de-le bien exécuter. nomme# bois de fil , ceux de fausse coupeLe sieur Roubo a compris dans son travail quand les champs font inégaux ; ceux à clefs,tous les ouvrages en bois qui fervent à la sû- à queues d’aronde apparentes ou perdues,reté, à la commodité & à la décoration des J’étendrois trop cet Extrait, si j entreprenoisMaisons & des Appartements ; ainsi il s’est en- de suivre s Auteur dans toutes les sortes d’As-gagé à traiter de la Menuiserie d’assemblage, semblages dont il parle. Ce Chapitre est ter-ôc de celle de rapport connue fous le nom de miné par les Assemblages en flûte, ceux à miMarqueterie ôc à’Ebénifterie. bois , ÔC ceux que Ton nomme à Trait de Ju -
La Menuiserie d’assemblage, appliquée puer. Après avoir donné très clairement laaux Bâtiments, fe divise en deux parties , fça- façon de traiter ces différentes fortes d’Af-voir ; la Dormante, qui comprend les Lam- semblages , avec les attentions nécessairesbris, Chambranles, Cloisons, Parquets 6c tous pour ne point interrompre 1 ordre des Mou-autres ouvrages qui restent en place ;Ôc la Mo- lures, l’Auteur indique les circonstances oùbile, qui regarde les fermetures,telles que les il convient d’employer les unes plutôt quePortes,Croisées, Contrevents, ôte. celle-ci les autres.
fait Punique objet de la partie de cet Art Les Menuisiers font usage de beaucoupdont nous avons à entretenir l’Académie. de différentes fortes d’Outils, que l’on trou-Le Menuisier doit débiter, dresser , cor- vera décrits dans le cinquième Chapitre quiroyer, assembler, orner de moulures, 6c polir est fort étendu. L’Auteur y donne leurs dis*les Bois avec lesquels il fait ses ouvrages ; ce férentes formes , 6c sur tout les usages aux-qui le distingue du Charpentier qui ne tra- quels chaque outil doit servir.
basile point le bois avec autant de précision Le sieur Rf à '
ct de propreté. Com mo io rxduuw vmi- o fc . Chapitre de la Menuiierie mobile, ct d a-
ploie pour son Trait 6c même pour tracer les bord des Croisées ; 6c après en avoir parlé enMoulures , des opérations de Géométrie- général, il fait remarquer que les ouvrages depratique , il commence par donner des Elé- Menuiserie que l’on met dans les Bayes prati-ments de cette Science, se bornant à ce qui quées dans les murailles fe nomment Croi-est nécessaire pour Pintelligence des métho- fées , ainsi que les Bayes elles-mêmes, 6c quedes qu il propose ; 6c ce petit Traité forme le les Croisées de Menuiserie prennent des nomspremier Chapitre. particuliers , suivant leurs différentes formes
11 entame dans le second Chapitre la pra- 6c usages. Par rapport à leurs formes on lestmue de son Art, en faisant connoître quels nomme Croisées en éventail , quand elles fontfont les Bois propres à la Menuiserie , ex- dans des bayes cintrées ; elles font ou pleinposant leurs différentes qualités, 6c les cir- ceintre, ou bombées, ou surbaissées, aim-constances où il convient d’employer les uns poste, ou fans imposte. De plus 11 y a desplutôt que les autres. II dit comment on doit Croisées d’Entresol, à la Mansarde, à coulisseles empiler par échantillon , ayant soin de double ou simple, à l’Angloife 6c à la Fran-
séparer les Battants des Portes - cocheres , - " " - -
d’avec les Membrures 6c les Planchers , dis-tinguant tous ces bois selon leurs différen-tes longueurs, largeurs 6c épaisseurs.
II parle ensuite du débit des Bois, objet très-mportant à l’oeconomie. 6c oui est sor-tonr
important a 1 oeconomie , 6c qui est fur-toutessentiel quand on entreprend de grands ouvra-ges , où il y a des parties cintrées ou bombées.
11 s’agit dans le troisième Chapitre desMoulures 6c des Profils ; il fait connoîtreceux qui so nt en usage dans la Menuiserie j les
circon ances où il convient d’employer les cavées ; en trefle, à cœur, à petit cadre, ôte.uns p utot que les autres , 6c la façon de La plupart des Croisées font à simple pa-les tracer, ou en solvant la pratique des Ou- rement ; cependant il y en a qui 0 nt des pa-vriers, ou par des opérations de Géométrie- rements des deux côtés. Le sieur Roubo traitepratique, au moyen desquelles on les rend séparément de toutes ces différentes especes
Menuisier. a r
çoife : si elles sont garnies de volets, on lesnomme Pleines , & celles qui sont cintréessor le plan , fe nomment Cintrées en plan ,soit quelles soient creuses ou bombées.
Eu égard à leur ouverture, les unes fenomment à coté double ou simple , à gueulede loup , à champsraìn double ou simple , ànoix & à feuillure , 6cc.
Par rapport à leur assemblage , les unessont à pointe de diamant ; d’autres à grandesou à petites plinthes, ou à rond entre deux