de Croisées, faisant remarquer leurs avanta-ges & leurs inconvénients, les lieux où cha-cune peut convenir ; à il termine ce íïxiemeChapitre par les Portes vitrées, les doublesCroisées, & celles à jalousies d’assemblage,& les Persiennes.
Dans le septieme Chapitre, il s’agit desVolets ou Guichets : on fait que ce font desVantaux de Menuiserie qui recouvrent lesChâssis à verre , rendent ses appartementsplus furs, à empêchent que le jour n’y pé-nétré lorsqu on le juge a propos. Si les em-brasures avoient assez de profondeur pourque Ton pût fe diípenser de briser les volets,cet article exigeroit peu de précaution, puis-que ce ne seroit qu’un panneau de Menuise-rie ; mais on est presque toujours dans la né-cessité de les briser, & en ce cas les Menui-siers peu expérimentés font des difformitéschoquantes ; le sieur Roubo les en avertit,& leur fournit des moyens pour les éviter.
Le huitième Chapitre où il s’agit des peti-tes Croisées , est en quelque forte une conti-nuation du sixième, au moins à l’égard desCroisées à deux battants ; mais après avoirindiqué quelques différences qui appartien-nent à ces Croisées, T Auteur traite des Croi-sées Mansardes Sc à coulisse. Ces Croiséesqui n exigent aucunes serrures, étoient au-trefois bien plus en usage qu’elles ne le fontprésentement ; on les a beaucoup perfection-nées : car anciennement elles n’avoient pointde dormants, les Vitriers étoient obligés deles emporter chez eux pour les nettoyer, &les joints étoient seulement fermés par dupapier & de la colle de farine ; maintenantelles ont un dormant, Sc le Vitrier empor-te seulement les châssis à verre, qu’ii remeten place fans papier ni colle.
Les Menuisiers ont beaucoup varié la fa-çon de travailler ces sortes de Croisées ; ils yont quelquefois mis des volets : tous ces
détails font amplement exposés dans ce Cha-pitre , où l’Auteur a toujours l'attention defaire remarqueri’avantage & l'inconvénientdes différentes pratiques.
Dans les trois derniers Chapitres qui ter-mine la premiere Partie , dont j’ai à ren-dre compte à la Compagnie , il s’agit desPortes battantes. Le sieur Roubo en distin-gue de trois especes, seavoir ; les grandes,qui comprennent les Portes d’Eglises , lesPortes cocheres des Hôtels, les Portes char-retieres des Baffes-cours Sc Fermes, & gé-néralement toutes celles qui ont assez d’ou-varture pour le passage des voitures. Lesmoyennes Portes comprennent les bâtardesqui servent d’entrées aux Maisons bourgeoi-ses , celles des vestibules, & toutes les por-tes des grands appartements qui font à deuxvantaux. Les petites qui n’ont qu’un vantail.Elles font très-ordinaires dans les maisonscommunes, ôc l’on s’en sert dans les palaisSc dans les hôtels pour les garde - robes ôcles dégagements. A l’égard des grandes Por-tes } il y en a qui ■ n’ont point d’impostes ,Ôc qui ouvrent dans le cintre ; d’autres avecimpostes ou fans impostes, n’ouvrent pointde toute la hauteur, & fournissent un en-tresol. Notre Auteur entre à ce sujet dans
des détails fort intéressants fur les orne»ments qui conviennent a ces différentes par-ties ; il donne aussi l’échantillon de la for-ce des bois qu il faut employer pour les Por-tes cocheres, suivant leurs grandeurs, ses as-semblages qui conviennent pour leur solidité.Les discussions de notre Auteur s’étendentfur les Guichets, tant à l’égard de leur soli-dité , que par rapport à leurs décorations ;mais plus toutes ces choses font détailléesdans l’Ouvrage du sieur Roubo, moins il estpossible d’en faire l’extrait. II remarque forta propos que quoique les Portes d’Eglisesdoivent l’emporter fur les autres pour la dé-coration , il faut éviter de les trop chargerd’ornements. A l’égard des Portes de Bassès-cours ôc de Fermes , il faut s’attacher pres-que uniquement à la solidité. Pour ce quiest des Portes bâtardes ou bourgeoises, com-me elles n’ont qu’un vantail, elles doivent,à peu de chose près, être semblables aux gui-chets des grandes Portes cocheres.
Quoique les Portes que l’on nomme enPlacards , qui servent pour l’entrée des ap-partements soient, à proprement parler, despanneaux de Menuiserie, elles exigent desattentions particulières , eu égard aux Cham-branles, aux Embrasements, aux Attiques, ôcc.
Le sieur Roubo donne différentes manié-rés de déterminer la forme & la largeur desChambranles , comment il faut revêtir lesEmbrasements : il parle ensuite des Placardsà petits cadres, de ceux à grands cadres ;des Placards dont les traverses font suscepti-bles de contours Ôc d’ornements ; &, à cetteoccasion, des différentes maniérés de chan-tourner les traverses & de faire les coupesdes traverses cintrées. Notre Auteur ditquelque chose des Portes dont les cintres Ôcla décoration changent des deux côtés. IIdonne ensuite plusieurs façons de couper les
Portes dans les lambris , puis il parle des pla-cards pleins ôc ravalés dans Tépaisseur des bois.
Cette premiere Partie qui fait au plus letiers de cet Ouvrage, est terminée par les pe-tites Portes, ôc elle a exigé cinquante Plan-ches qui ont toutes été dessinées par le sieurRoubo. Je puis assurer qu’il régné beaucoupd’ordre ôc de clarté dans cet Ouvrage ; qu’ilest écrit dans le style convenable à la chose ;ôc je fuis persuadé que ceux qui liront cetArt, seront surpris de voir au Titre qu’il aété fait par un Compagnon Menuisier. Quel’Académie seroit satisfaite si dans tous lesArts il fe trouvoit des Ouvriers capables derendre aussi bien les connoifíances qu’ìls ontacquises par un long exercice ! Moins ce phé-nomène est commun, plus il fait d’honneurau sieur Roubo, Ôc de plaisir à l’Académie,dont l’unique objet est le progrès des ArtsSc des Sciences. Ces considérations ont en-gagé les Libraires à ne rien épargner pour laperfection des Gravures.
Signé, DUHAMEL DU MONCEAU.
Je certifie f Extrait ci-dessus> conforme à son.Original & au jugement de l Académie. AParis , le io Janvier 17 5 p.
GRANDJEAN DE FOUCHY,Sécr. perp, de TAc. R. des Sciences.
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