P L A N CH E
XIX,
g 4 MENUISIER, L Part. Chap. V.
attention que les outils des moulures portent non-seulement íur la tringle queTon met dans la rainure, mais encore fur le nud du champ, afin qu ils ne pren-nent pas plus de bois dans un lieu que dans 1 autre , Sc que 1 ouvrage profilebien.
Pour les outils qui ont deux fers, tels que les doucines à baguettes, Sc lestalons renversés, on ne les fera distants l'un de l’autre, que de l’épaisseur decelui de desiùs, Sc on aura íoin que l’autre entre un peu derriere, afin quele copeau fe coupe net, Sc qu il ne passe pas entre deux.
Pour les outils à dégagement, tels que les boudins, les doucines à ba-guettes , & les talons renverses, comme íbuvent le degagement de la baguetteest très-mince, Sc par conséquent sujet à se casser , on en rapporte un à boisde bout, lequel est de cormier ou de buis , ou bien on les fait d’os ou d’yvoire,ou enfin de cuivre, ce qui est meilleur : ces sortes de dégagements soutiennentmieux le fer, Sc l’empêchent de se casser. (F ig. 48 ). Pour ce qui est de laforme des fers Sc des fûts des outils de moulures , voye^ les Fig. 6 ,7 <S’ 8 ,qui représentent un bouvement simple; Sc celles 9 , 10 $ 11 , un bouve-ment tarabiscoté ; celles 12 , 13 & 14, un rond entre deux carrés ; celles 15 ,16 & 17, un congé; celles 18,19 & 20 , un boudin à baguette ; celles 21,22 \& 23 , un bouvement avec quarté ; celles 24, 25 & 26 , un bouvement oudoucine à baguette , ce qui est la même chose ; celles 27,28 & 29 , un talonrenversé avec quarté ; celles 30, 31 & 32, un talon renversé à baguette ; Sccelles 33 , 34 & 3J, une mouchette à joue; enfin celles 36,37, 38, 39,40, 41,42,43,44,45,46 & 47, des rabots ronds, Sc des mouchettes de
différentes grosseurs.
Les fers des outils de moulures dont je parle, fe trouvent tout faits chezles Marchands , c’est-à-dire, qu’il n y a plus qu a les affûter, ce qui fe faitd’abord fur le grais ( du moins pour les plus gros ) , St eníuite íur une eípecede pierre que l’on nomme affiloire ou pierre a affiler-, ces pierres viennentd’Anjou, du moins pour les meilleures ; on choisit celles qui font grises, dontle grain est entre-mêlé de petites paillettes brillantes semblables à de largent:les meilleures de ces pierres fe fendent aisément sur leur épaisseur, de sorteque l’on en voit qui n’ont que deux lignes d’épais. Quand ces pierres fontainsi fendues, on les place íur le champ dans un morceau de bois où il y aplusieurs entailles , dans lesquelles elles font arrêtées avec des coins : ce mor-ceau de'bois se nomme entaille à affiloire , & s’arrête íùr 1 établi avec le valet;on doit auffî avoir foin de creuser dans le milieu de íà longueur un petit es-pace de deux à trois pouces quarrés , Sc le plus profond possible pour y mettrede seau lorsqu’on s’en sert sur f'établi. ( Fig. 49 ).
Quand on affûte les fers des outils de moulures, on doit avoir grand foin debien ménager les dégagements, afin qu’ils tombent bien à plomb ; que lescôtés de ces mêmes dégagements coupent bien sur-tout ; qu’ils regardent le
dehors
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