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Première partie.
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Chap. L Sec r, 111. Des Théâtres François. r 5

r des plus superbes, & entrautres, divertisse-ments , on représenta dans les rues de Parisfur des Théâtres couverts,- de superbes Cour-tines , des Mystères, ou on vit Dieu mangerdes pommes, les Anges, les Bienheureux,les Démons, les Damnés,.différents sujets delEcriture Sainte , le martyre de plusieursSaints , &c.

En iZ78, TEmpereur Charles IV & le Roides Romains étant venus à la Cour de France,Charles V , qui régnoit alors , leur donnaun superbe festin dans la grande salle duPalais, il y eut de très-beaux entremêts; onnommoit ainsi des représentations de Théâtre,exécutées dans la salle du festin, lesquellesxeprésentoient des villes & des forteresses,attaquées & défendues en présence de lacompagnie ; des vaisseaux qui marchoient parle moyen de machines cachées , &c ; cesentremêts étoient quelquefois terminés pardes danses que formoient les Combattants& les autres Acteurs de ces sortes de Spec-tacles.

Quelquefois on y représentoit des Mys-tères, comme au repas qui suivit la cérémoniedu Sacre de Charles VI, en 1380 , l'onreprésenta des Mystères dune nouvelle in-vention , cest-à-dire, ornés de quelques dé-corations extraordinaires. A TEntrée de cemême Prince à Paris ,61 à celle dIsabeile deBavière son épouse, en 13 8 9, on représenta'des Mystères dans les rues de Paris. ..

La coutume de représenter des Mystèresdans les rues, aux Entrées des Princes &Princesses, subsista jusquen fan 1530 , àlEntrée de la Reine Eléonore dAutriche ,seconde femme de François I : ce font lesderniers dont lHistoire fait mention; encoreJes pieces quon y donna, quoique fous lenom de Mystères , nétoient pas des sujets depiété, mais des sujets allégoriques, de mo-rale & de la fable.

Les premiers Mystères représentés dansles fêtes publiques , nétoient souvent quedes scènes muettes, qui cependant saisissentbeaucoup de plaisir à nos Ayeux. Ce goûtgénéral pour ces sortes de Spectacles, donnanaissance à une Société de Bourgeois qui«'imaginèrent de donner un Spectacle réglé :les premiers essais quils firent fut à Saint-Maur-les-Fossés, près Paris, ils repré-sentèrent la Passion de J. C. d cetteSociété pïit le nom de Confrères de la

Bastion. L affluence des Spectateurs fut très*grande aux premières représentations qu'ilsdonnerent ; mais le Prévôt de Pa.ris interditces nouveaux Spectacles par Sentencedu 3 Juin 13 S ^ * Les Associés s adr^fierentalors au Roi Charles VI, qui, ayant assisté àplusieurs de leurs représentations , & en ây antété satisfait, leur donna des Lettres datées dumois de Décembre 1402 , qui autorisentleur établissement, & les Associés fontqualifiés de Maîtres & Gouverneurs de laConfrairie de la Passion Ôt de la Résurrectionde Notre Seigneur J. C. fondée en l'Eglise delHôpital de la Trinité, &c.

Après avoir obtenu ces Lettres, ils louè-rent une des salles de l'Hôpital de la Tri-nité appartenant aux Religieux dHermieres,pour y représenter leurs Mystères. Cettesalle avoit 21 toises de longueur , sur 6de largeur ; elle étoit élevée au-dessus du rez-de-chaussée, & soutenue par des arcades: ilsy firent construire un Théâtre , qui futle premier Théâtre permanent construit àParis.

Ce nouveau Spectacle fut si fréquenté jquon fut obligé davancer Pheure des offi-ces , afin que le peuple ne manquât pasdy assister : il subsista à. lHôpital de laTrinité jusquen i S 3 9 , quil fut transféréà P Hôtel de Flandre , situé rue Coquilliere j il resta jufqu'en 1543. François Iayant ordonné la démolition des Hôtels deFlandre, dArras , dEtampes & de Bourgo-gne, les Confrères de la Passion acheterentalors une partie de ce dernier, pour y faireconstruire un Théâtre. Cette portion deterrein quils acheterent , étoit une masurede 17 toises de profondeur fur 1 6 de lar-geur, tenant dun côté à la rue neuve SaintFrançois, à présent rue Françoise, & avoit uneissue dans la rue Mauconseil : cest à ce mêmeThéâtre, connu sous le nom d e. T Hôtel deBourgogne , que font actuellement les Comé-diens Italiens, qui, après leur retour enFrance, y surent placés par M. le Régent,en P année 17 1 6 ( x ).

Paris ne fut pas la feule ville du Royau-me lon représenta des Mystères. Lesvilles de Metz , de Rouen, dAn gérs , dePoitiers, de Saumur, de Bourges & autres,se signalèrent à lexemple de la Capitale ,& lasurpassèrent même pour la magnificence ,comme on le verra en son lieu.

( 1 ) Les Comédiens Italiens ctoient en France du temps deHenri III, qui les avoit fait venir de Venise ; alors on les nom-jnoit Gebofi : il S jouèrent aux Etats de Blois en 1577 , & ensuitefur le Théâtre du petit Bourbon ; & , malgré lArrêt du Pade-

sntde 1548 , qui , conformément aux privilèges des Conl'i-efegla Passion , défendit toute espece de V'Irenf tomsy conservèrent juíquen 17°° , ° ù 1 s t-a-faií

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