Origine ded’Opéra.
j 6 Traité de la Conjlruclion
1673. En 1680 , la troupe de l’Hôtel deBourgogne leur fut réunie - & ils demeurè-rent au Théâtre Guénégaut jufquen 1689 ;qu’ils vinrent s’établir rue des Fossés SaintGermain, dans un Hôtel qu’ils firent bâtir àleurs dépens. Ce dernier Théâtre étanttombé en vétusté, les Comédiens surent pla-cés le 23 Avril 1770 aux Tuileries, dansl’emplacement du Théâtre de la salle desMachines de ce Palais, en attendant que l’onconstruise un Théâtre François digne à lafois de la Nation & des chef-d’oeuvres desgrands Hommes dont les travaux ont en-richi la Scène Françoise.
Avant que de passer à la description desanciens Théâtres , il est nécessaire de direquelque chose de l’Opéra, Spectacle d uneinvention moderne , & dont Inexécution abeaucoup influé sur le changement de laforme de nos Théâtres.
L’Opéra, Spectacle mêlé de musique, dechants, de danses & de machines théâtrales,prit naissance en Italie à la fin du quinzièmesiecle , ou au commencement du seizieme.Les Papes Léon X & Clément VII, de laMaison de Médicis , eurent des Opéra àdécorations & à machines. En 17 1 6 , Bal-tazar Perugia ou Perugi, renouvella les an-ciennes ae<jOTàtious dru. Tîldaiïc, pour jouerdevant Léon X la Comédie de ta caiasta,^,
qui étoit en musique. En 1581, l’OpéraItalien commença à prendre une forme ré-gulière ; & en 1637 il fut établi à Venise,où l’on n’épargna rien pour augmenter la ma-gnificence de ce Spectacle. Les Machinesdu Théâtre de Venise étoient très-belles ;mais par la fuite elles furent presque toutes
supprimées.
Fin 1645 , le Cardinal Mazarìn fit venirdes Acteurs d’Italie en France pour y don-ner des Opéra ; le premier fut représentésur le Théâtre du petit Bourbon, en 1647.Ce nouvel Opéra avoit des Machines ; & en1650 on y joua Andromede , piece qui futjouée depuis fur le Théâtre du Marais.
Louis XIV donna des Lettres - PatentesSu mois de Juin 1 669 , pour rétablissementdes Académies de Musique, tant à Paris quedans les autres bonnes villes du Royaume ;& cela, est-il dit dans ces Lettres, à l’exem-ple de l’Italie, de T Allemagne & de l’An-gleterre.
Le premier établissement fixe de l’Opéra,fut dans la grande salle de l’Hôtel de Ne-v n's, où étoit auparavant la Bibliothèque de, ôc ou est actuellement la Biblio-thèque du Roi.
des Théâtres , SCc. î. Part.
En 1671 , on le plaça dans le jeu Hépaume de la rue Seine , nommé le "ThéâtreGuénégaut , dont j’ai parlé ci-dessus.
Et en 1673 , l’Opéra fut placé dans lasalle du Palais Royal , où il demeura juf-qu’en 1763 , où il fut brûlé. Depuis cetemps , on a reconstruit la salle & les bâti-ments de l’Opéra au même endroit, fur lesdesseins de M. Moreau, Architecte du Roi& de la Ville : cette nouvelle salle fut finieen 1770.
Par tout ce que je viens de dire, il estaisé de voir que les progrès des Théâtresfurent très-lents en France, & on peut endire autant de tous ceux du reste de l’Eu-r °pe, tels que ceux d’Italie, d’Allemagne,d Angleterre & d’Espagne , dont l’originefut a peu-pres la même, &: qui ne prirentguere de forme constante que vers le quin-zième ou seizieme siecle.
Ce fut , comme je Pai dé ja dit, en Ita-lie , que la bonne Comédie des anciensfut renouvellée par le Cardinal Bibiena, en14.82 ; avant ce temps , on y jouoit desMystères & des farces, ainsi que’dans toutle reste de l’Europe, où l’on ne connoissoitpas d’autres Spectacles. Cependant l’Alle-magne semble avoir droit de prétendre à laprimauté à ce renouvellement de la Corné-
CU.W auvlvno 5 car y TtlUo PoCÍlCS
des Germains & des Bardes que Charlema-gne fit recueillir , & que différentes causesfirent oublier après la mort de ce Prince,'dans le dixieme siecle une Chanoinesse deGandersheim , nommée Rojwitha , tradui-sit des Comédies de Térence, & composa desTragi-Comédies fur des sujets de dévotion.
L’exemple de cette Fille savante n’eutpoint d’imitateurs, ôt depuis ce temps jusqu’àla fi n du quinzième siecle, il n'y eut pointde Comédies en Allemagne ; à leur placeon y vit des Chantres d’amour, des Mystè-res ( représentés pas des Ecclésiastiques Ôc desEcoliers , ) enfin des jeux de Carnaval ,nommé les Sans -souci.
A la fin du quinzième siecle, on commençaà étudier la Comédie des anciens ; car orsfit imprimer à Ulm des extraits de Térencçpour les Ecoliers du College de Zwickau..En ï 48 Cs, on donna la traduction 1 Eunuque j& en 1499, I e reste de ses Comédies.
A la tête de cette édition, il y a uqfrontispice où est représentée une salle deComédie, les Spectateurs & l eS Acteurs, &dans le fond du Théâtre ì’ Isle d’Andros, unvaisseau en mer, & Phania lutte contre lesflots, ôte. ce qui prouve que le local des
Théâtres