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Première partie.
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Chap» II. Se ct, ÌL Des anciens Théâtres François , 2

mm lés jeux du Théâtre oubliés. On ne les vitManche xeparoître en France que dans le quatorzième,*• ou, pour mieux dire, dans le quinzième siecle,

où ils furent d’abord très-soibles, & les Théâ-tres où on les représentoit d’une forme &d’une décoration même au-dessous de lamédiocrité, du moins pour ceux qui étoientpermanents, car on en construisit d’instan-tanés qui étoient très-magnifiques pour leurtemps - comme je le dirai en son lieu ; bail-leurs dans ce temps les grandes villesn’étoient ni si peuplées , ni si opulentesqu’elles le font actuellement , & n’étoienthabitées que par des gens dont l’état & lesoccupations ne les portoient guere à cessortes d’amufements ; la Cour alors n’habi-toit point la Capitale, ou très-peu, & les Sei-gneurs étoient toujours à fa fuite) ou restoientdans leurs Châteaux : ce goût qu’ilsavoient prislors du Gouvernement Féodal) les y retenoit,de maniéré que les premiers Spectacles furentlong-temps abandonnés aux gens du com-mun , ce qui ralentit beaucoup leurs pro-grès.

D un autre côté, le Gouvernement enautorisant les Théâtres , en abandonna laconstruction aux Acteurs, qui se logèrentcomme ils purent & à moins de frais pos-sible ) d’où vient que jusqu à présent nousif avons pas eu de Théâtre supportable: cequi a fait dire à M. de Voltaire, que les belles

salles étoient en Italie - i es helíes piecesen France ( i h PLANGHfe

A ces différents obstacles à la perfectionde nos Théâtres , on peut joindre u ntain esprit limitation & même d’admira*tion pour les productions étrangères, qui afait imaginer que parce que les salles d'Ita--.lie a voient la réputation d’être les plus bellesde l’Europe , il falloit les copier servile-ment , fans auparavant s’être rendu compte,si ce qui étoit convenable aux moeurs & auxusages de cette Nation, pouvoit l’être auxnôtres ; c’est le défaut, ou, pour mieux dire,l’oubli de cette comparaison , qui est enpartie cause des fautes qu'o n fait tous les.jours , lorfqu’iì s’agit de férection des édi-fices de conséquence, ôc sur-tout des Théâ-tres , comme on ne l’a que trop éprouvéjufqu’à présent.

La digression dans laquelle je viens d'en-’trer au sujet des changements arrivés auxThéâtres modernes , comparés à ceux desanciens, est peut-être un peu longue; mais ellema paru absolument nécessaire pour répan-dre de Tordre & de la clarté dans cet Ou-vrage , & en même-temps pour mieux fairedistinguer les changements absolument né-cessaires dans la forme & la grandeur desThéâtres modernes , d’avec ceux que l'ha-bitude ou l’ignorance des vrais principes y Jont introduits.

Section Seconde,

í

Description des anciens Théâtres François.

Il ne nous reste aucune description détail-lée de la forme & de la construction desanciens Théâtres François , sinon quelquesmorceaux épars dans des Mystères ou Pie-ces de ce temps, qui font parvenus jusqu'àtrous ; & comme pour Tordinaire le lieu oùTon donnoit ces fortes de Spectacles n’étoitpas construit exprès , on en tiroit tout leparti possible pour placer commodément lesActeurs & les Spectateurs.

La place de ces derniers n’étoit autrechose que plusieurs rangs d’échafauds élevésles uns au - dessus les autres dans toute lahauteur de l a salle , dont le milieu restoitlibre ou étoit abandonné à la populace,qui ne payoit pas son entrée & qui s’y

tenoit debout ; du moins cet usagé subfif-toit-il encore en 1640, comme on peut le voirdans l’Ouvrage de Sorel, intitulé: laMàìJbrzdes Jeux. Ces échafauds ou galeries faisoientle tour de la salle jusqu’aux deux côtés diìThéâtre, & n’avoient aucune séparation: aussivoit-on qu’en 1588 où les Confrères dola Passion, en louant leur Théâtre de l'Hô--tel de Bourgogne à une troupe de Cornéediens , se réservèrent deux loges les plusproches du Théâtre, qu'on nominales Logesdes Maîtres .

Ces loges étoient les feules places sépa-rées qu’il y eût dans cette salle, ainsi qu’onpeut le conjecturer ; car l'Auteur dont -oviens de parler ci-dessus , en se plaignant

( 1 ) C êst avec plaisir çue j excepte de cette réglé la belleComédie de Lyon , par M. Souflot ; la salle de l’Opéra ,construite aux dépens de la Ville ; la magnifique íàlle deíVerlâilles , & quelques autres construites dans plusieursyilles de Province , p ar j es Artistes habiles & éclairés, qui,

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