Band 
Première partie.
Seite
36
JPEG-Download
 

\

Planche

2 «

ThéâtreDL Bologne.

5 Traité de la Conflruclion des Théâtres , < 5 Gc* Part. I.

terminé en 1756, & ne sont pas ferméescomme dans le reste de l’Italie. Les mœurs PlaMCHEôc les usages qui peu à peu s’altèrent ou se 2*perfectionnent, ont permis ou même au-torisé ce changement , st e maniéré que lesItaliens, qui jusqu à ce temps avoient donnéle ton à l’Europe pour la construction desThéâtres, ont cru devoir adopter les chan-^ pieds 7 pouces , ce qui seroit suffisant gements que nos Artistes avoient jugé à

' ~ ~ propos d’y faire lorsqu’ìls en ont reconnu

quatre grandes arcades dont les pieds-droitsn'ont que f pieds de largeur, ce qui ne nuiten rien au service du Theatre, & forme unpoint dappui suffisant pour supporter lepoids du comble.

Ces murs ou arcades font distants de 17pieds des murs du Théâtre , de maniéré’ìl reste encore entre eux un espace

qu

de

pour le jeu des faux - chaffis, fi souvertureâe l’avant-scène étoit un peu moins considé-rable, comparaison faite avec l’espace quireste entre ces arcades , dont les premierspieds-droits doivent gêner. Le comble de ceThéâtre a beaucoup d’élévation & a unebelle charpente ; mais il est peu éclairé, ainsique le Théâtre & le dehors de la salle ,défaut qifen général on peut reprocher àpresque tous les Théâtres modernes.

II n’y a de dessous à ce Théâtre que cequi est nécessaire pour le mouvement desfaux-chaffis , toutes les machines étantplacées dans le cintre , du moins le peuqu’il y en a.

Le Théâtre de Bologne fut construit en1760 fur les ruines du Palais Bentivoglio,qui avoit été démoli par les ordres deJules II en 1505 , & fut nomm éTkéatro-

O#.Théâtre est beau, & d’une certainegrandeur ; ce qu'il y a uc

c est que les loges y font en retraite au-des-sus les unes des autres, à peu-près dans legoût du beau Théâtre de Lyon de M. Souflot,

futilité. Que ne suivons nous leur exemple,nous, à qui des mœurs plus libres, ou, pourmieux dire, moins assujetties à certains usa-ges nationaux, donnent plus de facilité , &chez qui elles opposent moins d’obstacles augénie des Artistes. Nousn’avonsqu’à vouloir,& on ne nous fera plus le reproche, que lesbelles salles de Théâtres font en Italie , & lesbelles pieces de Théâtre en France ( I ).

Je ne ferai aucune description des Théâ-tres d’Allemagne, d’Angleterre & d’Espagne,parce qu’ils font de peu de conséquence pourla plupart, êt que leur forme différé peu deceux d’Italie , qui semblent , ainsi que jef ai dé j a dit, avoir servi de modelés à tous lesThéâtres modernes de l’Europe. Cependantpour rendre cet Ouvrage plus complet, je vaisjoindre ici une Table, dans laquelle serontreprésentées les dimensions des principaux

d’un seul

l’Europc

coup d’œil on puisse les comparer les unsavec les autres.

( 1 ) Ce reproche que nous a fait M. de Voltaire , pouvoit êtreFondé à bien des égards il y a un demi-siecle ; mais actuellementil ne peut plus guere avoir lieu, puisque nous avons en France desBiles qui égalent & surpassent même en beauté & en magnifi-cence celles d’Italie : d’ailleurs est-il bien vrai que ces der-nieres méritent toute leur réputation , & sont-elles portées audegré de perfection dont ce genre d édifice peut être susceptible ic est ce que l’on ne fera pas aisément croire à ceux qui les ont exa-minées avec attention, & qui ont une parfaite connoissance du localdes Théâtres, non pas tel qu’ils font, mais tels qu’ils devroientêtre. Mon intention n’est cependant pas de déprimer le mérite,dies Théâtres d’Italie j au contraire je rends justice à leur beauté

ainsi qu’on l’a pu Voir dans la courte description que j’en a! faite.Tout ce que je scuhaiterois, c’est qu’en les considérant commede belles choses , on distinguât leurs défauts , & qu’on se defít dupréjugé où l'on est en France d’adopter & de recevoir fansexamen toutes les productions des Etrangers , & cela par la feuléraison qu’elles ont la réputation d’être belles,, ou , fi je l’olè dire ,par une fausse affectation de modestie ou de philosophie devenueà la mode , qui, en nous portant à mépriser nos Concitoyens pourlouer les Etrangers , semble ne tendre qu’à éteindre en nous cetamour propre national, fi nécessaire à former les bons Citoyens& les grands Hommes dans tous Jes genres de Sciençes , tant.utiles qu’agréables*

Tableau 5