Planche
L.
6o Traité de ld Conjlrucïion des Théâtres , SCc. ï. Part.
- observations dont je viens de parler ci-deffus. <
•Le devant du Théâtre est élevé au-dessusdu fol de la Salle , ôc par conséquent durez-de-chaussée de tout l’édifice, de 6 pieds2 pouces , & de io pieds fur le derriere ,c’est-à-dire, à l’arriéré-scène, ce qui lui donneà peu-près 2 pouces de pente par toise, salongueur étant d’environ 1 8 toises.
Cette pente est peu considérable, vu que celler desThéatres de Comédie est d’environ 3 poucespar toise ; mais comme ce Théâtre est égale-ment destiné pour l’Opéra, & par conséquentpour y exécuter les danses, une trop grandepente deviendroit dangereuse pour les dan-seurs ; c’est pourquoi je Tai réduite à lamoindre inclinaison possible : cela étoitd’autant plus naturel, que les Spectateurscontenus dans l’enceinte de la Salle , fontfur un plan plus élevé qu à l’ordinaire , cequi par conséquent augmente la pente duThéâtre, du moins en apparence.
Le dessus de la partie antérieure du Théâ-tre , ou, comme on dit communément, delavant-scène, est séparée du dessous propre-ment dit par le mur du pignon, qu’on nommeaussi mur d'avant -scène , ôc c’est en cet en-droit qu’est situé l’orquestre, qui est le lieu oùse placent les Sympnomrics.
Comme ce Théâtre est destiné aux diffé-rents genres de Spectacles , l’orquestre est'disposé de maniéré qu’elle puiffe faire partiedu Théâtre lorsqu’il servira à la Comédie :alors on placeroit les Symphonistes auxdeux côtés de savant-scène au bas des se-conds rangs de gradins, de forte que l’Ac-teur pourroit avancer jusqu’au devant duThéâtre, ôc par conséquent au centre de laSalle pour être mieux entendu des Spectateurs.
Dans l’Opéra, au contraire, où les Ac-teurs peuvent être plus éloignés des Specta-teurs, on leveroit la partie du Théâtre quicouvre l’orchestre pour en faire usage à For-'dinaire.
Pour tirer de cette piece tout Favantagepossible par rapport aux sons des instru-ments, il faut qu’elle soit isolée de toutesparts , entourée de cloisons de bois uni ôcsonore, tel que le beau sapin, ôc son plan-cher posé sur une voûte renversée aussi isolée,afin qu elle fasse une espece d’instrument qui,en recevant les sons , les rende au - dehorsí& n’en absorbe pas une partie, comme celaarrive quand on ne prend pas les précau-tions que je recommande ici: je les ai toutesmis en usage dans l’orchestre représenté danscette Planche ; elle y est construite selon
ce système, dont M. Rousseau de Genève,qui est certainement bon juge en cette partie,est F Auteur.
11 faut cependant observer que le sol decette orchestre est un peu trop bas, ôc qu’ondoit l’élever le plus qu’il est possible, c’est-à-dire, jusqu’à ce que les cloisons qui l’entou-rent , n’aient que 4 pieds 6 pouces dehauteur, laquelle est suffisante pour que lesMusiciens étant assis ne soyent pas plus hautque le devant du Théâtre.
J’ai dit que le Théâtre que je propose pour-roit aussi servir de Salle de concert : dans cecas, on fermeroitle derriere de l’avant-scènepar des cloisons fur lesquelles seroient peintes,des colonnes & d’autresparties d’Architecturequi se raccorderoient avec celles de l’avant-scène, ôc pour lors on placeroit Forchestreôc les Chanteurs fur la partie antérieure duThéâtre, c’est-à-dire, fur l’avant-scène.
La profondeur du dessous du Théâtre estde 40 pieds à l’endroit du mur de l’avant-scène , pris du dessus du Théâtre au-dessusd’un trottoir de 2 pieds de largeur ôc de hau -teur qui régné tout au pourtour, ôt avec le-quel le dessus des plates-formes qui serventà porter les fermes du dessous doivent af-fleurer ; ce dessous communique par une de
ses extrémités avec le dessous du parquet ,òc ae l'auuc, avec les attelìers dont la porte
principale donne dans le souterrain construitau-dessous de la voûte qui porte la rampeen pente douce , par le moyen de laquelleles chevaux ôc même les voitures peuventmonter fur le Théâtre.
Ce dessous communique aussi avec lesautres souterrains de l’édifice, par le moyende deux escaliers situés aux extrémités de lagalerie souterraine de l’arriere-scène, commeon peut le voir dans cette Planche.
Sur les faces latérales s’élevent les mursintérieurs, ou, pour mieux dire, deux pieds-droits avec leurs dosserets, lesquels se réunis-sent à la naissance du comble pour y formertrois arcades, dont les claveaux ont 8 piedsd’épaiffeur.
L’écart de ces pieds-droits est entretenusdans le dessous, par des voûtes méplates cons-truites à la hauteur du premier plancher dontelles doivent soutenir le poids , lequel estd’autant plus considérable , que c’est furce plancher que portent les faux-chassis desdécorations , ôc où l’on place les rouleauxdes retraites pour les changements du dessous.
Au travers des arcades que forme le murintérieur, on apperçoit une partie des sou-piraux qui donnent du jour dans le dessous,
ainsi
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