Sec f. /. Des trois Ordres Grecs ; de leurs proportions ) &c. icqïtemps que leur coûteroit une longue Sc sérieuse étude des principes d’Ar-chitecture relativement à la décoration , vu que le plus grand nombre desOuvriers n’est pas à la portée de faire ces deux sortes de dépenses, q U i f on t fautant l’une que l’autre, au-dessus de leurs pouvoirs ; les jeunes gens far-"tout , quoiqu’avec toute la bonne volonté possible, n ayant pas, ainsi quemoi, le bonheur de trouver des Maîtres qui veuillent se charger gratuitementdu soin de les instruire.
Ce sont les mêmes raisons qui m’ont engagé à donner aussi quelques notionde l’Art du Trait, nécessaires aux Treillageurs, lesquels n’ont pas besoin d’unTraité complet de cet Art, mais seulement des parties de ce dernier qui en-trent dans la composition, ou, pour mieux dire , dans la construction de leursouvrages ; c est pourquoi je ne ferai que donner la maniéré de tracer les diffé-rentes courbes, soit d arêtes ou autres, Sc de tracer les développements dessurfaces, le tout considéré comme axiome Sc fans aucune eípece de démons-tration , afin de ne point répéter ce que j’ai déja dit dans le courant de monArt du Menuisier, íùr-tout à la partie qui a pour objet l'Art du Trait, à laquelleon pourra d’ailleurs avoir recours , supposé qu’on voulût faire une étude plusparticulière de cette Science ; ce qui , quoique très-louable, n’est cependant
pas absolument nécessaire aux Treillageurs, du moins à ceux qui ne veulentacquérir que les connoissances relatives Sc utiles à leur état.
Section Premier, e.
Des trois Ordres Grecs ; de leurs proportions & divljlons générales .
Les trois Ordres d’Architecture Grecque dont je vais faire la description ;font le Dorique , Rg. 7 , ITonique, fig. 8 , Sc le Corinthien 9 fig. 9 , qui toustrois différent Tun de l’autre , non-feulement par le rapport du diamètre dufût de leurs colonnes avec la hauteur de ce même fût (ce qui est le vraicaractère distinctif d’un Ordre ) , mais encore par la forme de leurs chapiteaux,le nombre Sc la richesse des membres de moulures qui accompagnent cesOrdres, ou les parties qui leur íont accessoires (*).
Je n’entrerai ici dans aucun détail touchant la partie historique des Or-dres d’Architecture, ni íur les rapports que chacun d’eux a avec la formehumaine, prise en différents sexes Sc en différents âges, ces rapports étant
(*) Si je ne parle ici que des trois OrdresGrecs, c’est que deux raisonsm’y obligent; lapremiere & la plus essentielle est, que commeles ouvrages de Treillage font toujours d’unecertaine richesse, & que leur construction an-nonce beaucoup de légéreté, il ne ferait pasI aifonnable d y employer un Ordre d’une ex-pression rustique , tel qu e l’Ordre Toscan ;l’Or-drc Dorique étant même encore d’un caractèreun peu ferme pour etre employé dans les ou-
Tkeillageur*
vrages de Treillage susceptibles de quelquemagnificence. La seconde raison, c’est que descinq Ordres qu’on connoît en Architecture, iln’y a que les trois Ordres Grecs, qui méritentce nom, renfermant en eux trois les expressionssolides, moyennes Sc délicates qui font les vraistermes de la nature. dont elle ne s’écarte jamaisque par bizarrerie ou accident, mais fans aucuneapparence de nécessite,
K.