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[Quatrième partie.]
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EA R T D U ME NUI S ÎE

est ie comble du malheur, à faire tort aux Ouvriers, qu’ils font travailler à leurtâche, Sc qu’ils ne payent souvent que quand l’ouvrage est fait, Sc cela le moinsqu’ils peuvent, Sc quelquefois même point du tout (*).

Je ne prétends cependant pas qu’il faille en croire l’Entrepreneur fur íà parole,ni recevoir les Mémoires qu il présente íàns aucune eípece d’examen ; cetteextrémité íèroit peut-être auíîi dangereuse que 1 autre j car de quoi les hommesn’abusent-iis pas, Sc quel empire l’intérêc n’exerce-t-il pas fur eux l Mais jevoudrois qu’on fe dépouillât du préjuge 011 font la plupart des hommes, decroire qu’il faut qu’un Mémoire foi t diminué à la vérification , Sc qu’on consi-dérât comme habile, Sc , ce qui est encore préférable, comme honnête homme ,un Architecte qui, connoiílànt la valeur des ouvrages, ne diminueroit rien, Scmême augmenteroit le Mémoire d’u n Entrepreneur, s’il jugeoit à propos de lefaire , ce qui feroit également honorable pour tous les deux. En agiíîant ainsi ,on rendroit les Entrepreneurs plus attentifs à faire ou à fournir de bons ouvrages ,tant par 1 honneur qu il y a a bien faire, que par Eeípoir d’être récompenses deleurs foins , par l’augmentation qu’on mettroit au prix de leurs ouvrages.

Je viens d exposer en peu de mots les avantages Sc les désavantages qui résul-tent de la méthode de laisser les ouvrages de Menuiserie íàns aucune eípeced’indemnité pour l’Entrepreneur, ou du moins íàns une connoiíîànce parfaitedans cet Art, Sc íàns un examen bien réfléchi des ouvrages dont on réglé lesprix. Il me reste à faire Voir maintenant comment Sc dans quel rapport on a ap-précié les différents ouvrages, relativement à cette méthode.

Les ouvrages de Menuiserie dévaluent, ainsi que je l’ai dit plus haut, à raisond un certain prix pour chaque toise superficielle , ou chaque toise courante decertaine largeur, comme de 2 , 3 , 4 ,6 pouces, Scc. ou enfin au pied courantde hauteur, fur 3,4, 5, Sc même 6 pieds de largeur, ce qui n’est en usageque pour les croisées Sc leurs guichets (**).

(*) Ce que je dis ici est de la plus grande jvérité ; j’ai les faits pour garants de ce que j’a-vance, & 'es Tribunaux de la Justice retentissenttous les jours des cris des malheureux Ouvriersqui y viennent réclamer le prix de leur travail,cì’où dépend le soutien de leur existence, &quelquefois celle d’une nombreuse famille. Onleur rend justice . il est vrai ; mais la longueurd’une procédure, aux frais de laquelle leursmoyens ne suffisent pas , quelle qu’en Toit la mé-diocrité ; & plus que tout cela encore, Pimpuis-sance d’un Maître , peut-être aussi malheureuxqu’eux, & qui n’est souvent injuste que parcequ’on Pa forcé de P être en ne le payant pas duprix de ses ouvrages: tout cela, dis-je, achevede mettre le comble à leur infortune, & les por-te quelquefois à des extrémités qu’on ne peutimaginer fans frémir, 8c que la voix de la naturequi s’éleve dans mon coeur m’empêche de/dé-tailler ici.

(**) Des cinq espèces de Menuiseries dont jj’ ai fait le détail, il n’y a que celle de Bâti- j*nent ôz l a Menuiserie des Jardins , dont les ou- |

| vrages fe Vendent à îa toise, soit courante , soitI superficielle. Pour les trois autres especes de Me-nuiseries, les ouvrages fe vendent à la piece,selon Pestimation , ou , pour mieux dire , selonque l’Ouvrier juge qu’elles peuvent valoir cequ’il peut certainement juger mieux que per-sonne. Cette derniere maniéré d’apprécier laMenuiserie , loin d’être onéreuse au Bourgeois ,lui est même avantageuse ; parce que la concur-rence entre les Ouvriers , w établit enrreux Sccomme malgré eux, des prix fixes dont ils nepeuvent guere s’écarter fans s’exposer à perdreleurs pratiques, à moins que leurs ouvrages nePemportent fur ceux de leurs Confrères, soitpour 3a bonne qualité de la matière ou de la fa-çon ; alors il en résulte ces avantages, que leBourgeois qui paie un peu plus cher, est certai-nement mieux servi, & qu’en même temps l’Artse perfectionne par la concurrence & l’émula-tion qui règnent entre les Ouvriers ; ce qui nepeut pas être lorsque Pouvrage se vend sur desprix courants qu’un Architecte fuit aveuglément,íanss’embarraneríi Pouvrage est bien ou mal fait.