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[Quatrième partie.]
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rajo r ART DU MENUISIER.

des pieds courants ou superficiels, on pourra juger de tout le reste, Sc avescombien peu de réflexion Sc de jugement, ou, pour parler plus juste, de con-íioiflànee, ces appréciations ont été faites.

On m’objectera peut-être, Sc cela avec raison, que ces appréciations, toutImparfaites quelles font - ne laissent pas d’avoir lieu, Sc n empêchent pas lesEntrepreneurs, qui y passent tous les jours, de bien faire leur état, Sc même de§ enrichir quelquefois ; ce qui est encore vrai. Comment donc cela peut-ii fefaire, si ce que je viens de dire est vrai, Sc n est pas un paradoxe ? Mais voici lefait : dans le nombre des ouvrages ainsi appréciés, il y en a d’avantageux pourl'Entrepreneur, lesquels le dédommagent en partie de ceux qui ne le font pas .d’où il fuit que quand le nombre des uns est moins considérable que celui desautres, il gagne raisonnablement Sc s’y enrichit, comme cela arrive à tous ceux: qui ont de grandes entreprises, ou il y a mille moyens ( peut-être justes ) degagner beaucoup. Quand, au contraire, il n’a que des ouvrages dont les prix sontdésavantageux, il arrive de deux choses Tune, ou qu il fe ruine , ou qu’il trompele Bourgeois en lui donnant de mauvais ouvrage, en quoi fa conscience lui pa-roît en sûreté, puifqu’il lui en donne pour son argent, en épargnant le plus qu’iípeut fur la matière Sc fur la façon ; ou si cette derniere est paisiblement bonne ,ce ne peut être qu’aux dépens d'un malheureux Ouvrier, auquel il ne paye lesouvrages que la moitié ou les deux tiers de ce qu’ils vaudroient légitimement*

Ainsi quelque chose qu’ii arrive, la méthode de toiser les ouvrages de Menui-serie à face apparente seulement, sans aucune eípece d'indemnité pour l’Entrepre-i

sieur, &1’appréciation trop générale Sc trop peu réfléchie de ces mêmes ouvrages,est vicieuse, comme je viens de le prouver. Il me reste maintenant à donnerune idée de ce qu’il faudroit faire pour assigner à chaque eípece d’ouvrage, unprix qui fût relatif à íà nature, c’est-à-dire, à la quantité de la matière employée ,à l’emploi de la matière, ou à la façon de l’ouvrage, ce qui est la même chose,Sc au gain que doit légitimement faire l’Entrepreneur en raison de Fun Sc defautre.

Four bien juger d’une chose, quelle quelle soit, il faut la bien connoître jcette vérité est incontestable, Sc n’a pas besoin de preúve : ainsi pour bien appré-cier les ouvrages de Menuiserie, il faut avoir une connoiflànce parfaite de cetArt, tant pour la théorie que pour la pratique, asin de se rendre un compteexact de la qualité Sc de la quantité de la matière, A de son emploi.

La matière, ou , pour parler plus clairement, les bois qu’on emploie à Uconstruction des ouvrages de Menuiserie, ne sont pas tous d’une qualité égale-ment parfaite, Sc sont sujets à plus ou moins de déchet, soit en raison de leurqualité dure ou tendre, ou plus ou moins noueuse, ou ensin de la grandeurSc de la forme qu’ils doivent avoir lorfqu’ils seront employés.

Le déchet n’est pas égal dans toutes les especes de bois ; mais quel qu il soitil est toujours très-considérable, Sc cela d’autant plus que le Menuisier paie 1»