AK AIÏIK.
13
a son écouté par le travers du mât, et cette nécessité d’avoir toute la toile vers l’avant vient de la très-grande largeur du navire. Les Dungiyahs n’ont pas non plus de moyen de diminuer la surface de la voile,et ils en ont une plus petite pour le mauvais temps. Jamais ils n’emploient de foc5 quelques-uns ont un petitmât sur l’avant de la dunette, comme les Baggalas. Leur arrière est surmonté de longues gaules portant despavillons et de grosses girouettes en bois : ils remplacent les chaloupes par de petites pirogues d’une seule piècede bois, nommées Hoors.
Les Dungiyahs naviguent mal, fatiguent beaucoup et cassent plus souvent leurs mâts que les Baggalas; à leurbord, il est très-difficile de préserver la cargaison , quoiqu’elle soit couverte de feuilles de palmier et qu’un treillageintérieur garni de nattes empêche les objets embarqués de porter sur la membrure. L’eau entre toujours parl’empaillage; on la vide dans une auge d’où elle s’écoule à l’extérieur, en mêlant une teinte verdâtre à la couleurgrise, un peu rosée, qu’ont les feuilles de palmier quand elles sont vieilles. Le corps est peint en noir, excepté lacarène, qui est blanche. Leur marche n’est pas aussi mauvaise qu’on serait porté à le croire; mais, comme ilssont tous vieux et qu’on n’en construit plus de nouveaux, ils ne tarderont pas à disparaître tout à fait.
GA ROC)-KU JL
Les Gaioo-kubs, beaucoup plus petits que les deux navires dont il vient d’être question, et dont quelques-unsne sont que de grands bateaux de pêche, fréquentent le golfe Persique ; ils étendent leur navigation jusque sur lacôte de Malabar. Leur longueur varie de i 5 à 3 o mètres, et ils sont remarquables par leur quille, qui n’est, que letiers de la longueur totale. L’étrave, très-oblique, augmente de largeur, mais non d’épaisseur, en s’approchantde l’avant; elle a une râblure recouverte cl’une latte avec une arête saillante au milieu (pl. ^^fîg- *)• A bord desplus grands, l’étrave est surmontée d’une planche mince et arrondie (pi. 6), espèce d’ornement auquel onajoute des colliers de petites coquilles blanches. Le bordage est assemblé comme nous le verrons dans l’Inde (page 18), ou à plat comme le nôtre. La membrure est légère, doublée, bien ajustée et disposée à l’européenne :celle du Garoo-kuh représenté pl. 6 a des couples épais de o"',07 et larges de o m ,o<) ( les deux parties prisesensemble); ils sont éloignés de o m ,i7. Le bau du mât a o m ,i2 sur o ra ,i 5 et les autres o ra ,08 5 carrés, ils sontespacés de o m ,8o. La serre-bauquière a o”,ao de largeur sur o m , 12 d’épaisseur; la quille est épaisse de o"',oô 5ainsi que l’étrave à la râblure, tandis qu’au taille-mer elle n’a que o m ,o 4 . La membrure n’est recouverte dovaigrage qu’à bord des plus grands , et, le plus souvent, il n’y a dans l’intérieur que quelques bordages espacés,
Le faux étambot de ces navires, usité seulement chez les Arabes , est formé d’une planche verticale très-mineoreposant sur le prolongement de la quille et appuyant contre l’étambot; une petite latte semblable à celle de larâblure d’étrave couvre chaque côté delà fente. Celui des grands Garoo-kuhs se relève et s’étend vers l’avant,où il est entaillé (pl. 6) et orné de coquilles blanches. Il n’est maintenu que par de longues courbes horizon-tales cc (fig- 1 et 2 ,pl. 5 ), chevillées d’abord sur le navire et ensuite ensemble, qui le dépassent vers l’arrière et sonttaillées en biseau, laissant entre elles un espace évidé dans lequel est engagé le gouvernail ; celui-ci, ainsi soutenulatéralement et collé par des amarrages contre le faux étambot, descend beaucoup au-dessous de la quille, dontl’extrémité est généralement au ras de l’eau. Ces moyens d’adhésion seraient très-faibles avec une barre ordi-naire; mais, pour soutenir les attaches, on en met une il, qui s’étend vers l’arrière et sur laquelle sontfixées deux cordes l d et l d, nouées ensuite aux extrémités extérieures de deux leviers à bras égaux / l,tournant au bout de supports courbes qui, d’abord fixés sur le pont et contre la muraille, s’étendent ensuiteen dehors (f/g. 3 et 4 )> Un palan, placé au bout intérieur de chacun des leviers l l, sert à donner le mou-vement , et plus l’homme qui gouverne, en tirant sur l’un ou sur l’autre, fait d’efforts pour augmenterl’angle du gouvernail, plus il tend à le faire adhérer contre le faux étambot. L’avantage de cette disposition est
contre-balancé par la petitesse des angles qu’elle fait obtenir et par le peu d’extension de la surface du safran ; eu
4