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PHILIPPINES.
belle brise. Il fatigue beaucoup ses leviers par le désaccord constant des mouvements que la mer imprime auxdeux côtés, et doit être très-long pour que, sans être trop large , il puisse déplacer assez d’eau; il ne permet pasde déployer beaucoup de voile, mais il est bon pour marcher à l’aviron sur une mer tranquille dont alors ileffleure à peine la surface, et c’est sans doute cet avantage qui l’a fait adopter par les peuples malais dont lesmers sont toujours belles.
Il est aussi très-propre à soutenir de grands bateaux, et on l’applique à des caboteurs de plus de 60 ton-neaux , presque semblables aux nôtres pour la forme aussi bien que pour la charpente, mais qui , étantplus étroits, ont besoin de soutien ; ils ont de forts leviers en bois ordinaire solidement liés au corps et desbalanciers de cinq gros bambous attachés à plat sous les leviers, ce qui forme deux radeaux assez larges. Cesnavires fréquentent les ports de Luçon et portent souvent une voilure comme celle de nos Chasse-marée, àcela près qu’ils y ajoutent les lattes chinoises sans leurs écoutes; ils placent les haubans sur les leviers etont, en général, trop d’analogie avec nos constructions pour qu’il ait été nécessaire de les insérer dans cetouvrage.
BILALO.
Le Bilalo ou Guilala, qui sert au transport des passagers de Manille à Cavité, arsenal presque abandonné dela marine espagnole, réunit beaucoup de dispositions locales à des formes européennes : le corps Çpl. 6 g), d’en-viron 20 mètres de long sur 3 de large, est évasé, lin aux extrémités, tandis que le milieu est très-plat ; aussin’a-t-il que o m ,8o à o m ,90 de tirant d’eau. Le Bilalo est membré et bordé, et porte sur l’arrière du grand mâtune vaste cabane où, chaque jour, on voit réunis une foule de passagers que leur diversité rend très-pittoresques :ce sont des Tagals , avec leurs belles chemises brodées, pendantes en dehors du pantalon, et leurs femmes, serréesdans une pièce d’étoffe tournée autour des hanches, et portant de petites chemisettes ; à côté, des gens de la mon-tagne aux larges chapeaux coniques, avec des espèces de collets de feuilles sur les épaules et à la ceinture pour sepréserver de la pluie ; puis des Chinois dans toute la variété de leurs costumes commodes et bizarres; des moineset des prêtres séculiers, qu’on respecte encore, et dont le nombre montre quel est l’état de la religion aux Philip pines . Les canotiers, qui se servent d’avirons à pelles rondes, sont placés à l’intérieur et sur des plates-formes exté-rieures en bambou établies à l’avant du bateau, pour qu’il puisse contenir plus de monde.
Les Bilalos ont deux mâts; le plus grand, placé un peu sur l’avant du milieu de la longueur, est tenu par sixhaubans attachés sur les leviers roidis par des poulies et porte une voile à demi-antenne , à laquelle la vergue,longue et relevée, fait prendre une forme presque triangulaire. Le mât de misaine, beaucoup plus court quel’autre, est soutenu par de nombreux haubans attachés sur le levier de l’avant et auxquels se tiennent les homnleslorsqu’ils se placent près du balancier pour résister à l’effort du vent; nous ignorons par quelle raison ils ne semettent jamais que sur ce levier, dont l’action ne peut être plus efficace que celle de l’autre. La voile de misaine,beaucoup plus petite, est ainsi que la grande en étoffe de coton, et a aussi deux bandes de ris : ces voiles se-raient beaucoup trop grandes pour des bateaux aussi étroits, sans le balancier qui les soutient et les rend capablesde les porter avec des brises très-fraîches; aussi le service des Bilalos n’est-il interrompu que par les mauvaistemps de l’époque où la mousson change de direction.
CABOTEUR DE LA LAGUNE.
A l’est de Manille se trouve un grand lac communiquant avec la mer, et dont les eaux rarement agitées portentun grand nombre de bateaux construits très-légèrement, servant à transporter les productions de ces terresfertiles, mais mal cultivées. Us ont des membres faibles et espacés, des fonds plats et des extrémités assez aiguës( pl • 7 .fië- 1 et 2 ) 1 l’avant a sur les côtés des flasques ff comme celles des Jonques; le pont, en planches vo-