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CHAPITRE II — ÉPOQUE ROMAINE
(BtXu/vo'.) ou hilychuos {bilychni). Ces lampes, toutes de la même grandeur, sinon de lamême ligure, sont antiques, bien qu’elles n’aient point été trouvées avec lelampadaire.
Une seule est unie ; les trois autres empruntent leurs ornements au règne ani-mal : celle qui est opposée à la première, suivant la diagonale du chapiteau, outreune coquille à chaque extrémité, a deux aigles portant le foudre; la troisième estornée de deux taureaux sortant à mi-corps de chaque côté, enlin la quatrième portede même, deux tètes d’éléphant : cette dernière au lieu de chaînettes, est soutenuepar deux dauphins, dont les queues réunies, supportent une houle et un petiL anneau.Ce pilastre n’est point au milieu de la plinthe, comme nous l’avons déjà observé endéduisant les motifs de cette particularité, motifs auxquels il faut en ajouter un der-nier, que suggère le bronze actuellement décrit : c’est que l’on plaçait quelquefois,sur l’espace libre do la plinthe, de petites idoles, des autels, ou d’autres objets demême nature. Ici, nous voyons, sur la droite, un autel, et, à gauche, un enfant quidoit être ou Bacchus lui-même ou un génie bachique.
Entièrement nu, avec la chevelure bouclée et une couronne de lierre, il estmonté sur un tigre, dont la queue, aujourd’hui brisée, était relevée sur le dos de1 animal, comme on le voit, par les tronçons qui subsistent; de la main gaucho, iltenait la bride qui a disparu, et, de la droite, il lève une corne et se dispose à boire.L’area, la surface de la plinthe est bordée d’une damasquinure ou d'une nielle repré-sentant une vigne, dont les feuilles sont d’argent, le tronc et les grappes, de cuivrerouge.
'Toutes les parties de ce lampadaire sont travaillées avec une exquise délicatesse.
Les candélabres servaient le plus souvent à éclairer les salles de festins.
Le souper (1), cæna , se prenait lorsque le soleil était à son déclin,supremo sole, comme le dit Horace, et par là, on entendait la dixième heureou la neuvième.
Ceux qui devançaient ce moment passaient pour des gens de mœurs peurégulières.
Mais, bien que le souper commençât réellement de jour, il se prolongeaithabituellement pondant la nuit et le moment où l’on apportait les lampes étaitcelui d’une causerie plus légère et plus active, qu'animait souvent encore levin : lllatis luminibus , epularis sermo percrebuit , dit Apulée . Virgile , en saqualité de poète qui a besoin de décrire, est plus explicite encore.
C’est au moment où les mets sont enlevés et où de larges coupes leursuccèdent sur la table, au milieu des explosions bruyantes de la gaîté des con-
(1) Eoriquel, ouvrage cité, p. 48.