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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHANDELIERS DE 11ILDESIIE1M

7.1

mais les différences sont, à peine sensibles, et il Tant y regarder de fort prèspour les apercevoir: c’est la même hauteur, la même forme, le même galbe,les mêmes ornements; nn peu pins de gracilité on de maigreur dans la ligede l’nn, quelques dispositions légèrement diverses dans les hommes, lesanimaux et les feuillages de l'ornementation. Ce n’est: certainement pas aujour-d'hui qu’on se donnerait la peine d'établir doux modèles pour obtenir des dif-férences tellement insignifiantes et à peine sensibles à la vue la. plus attentive.

C’est à croire que saint Bcrmvard, qui faisait exécuter ces modèles sousses yeux, par son élève, peut-être un tout jeune apprenti, ayant été peu satis-fait du premier, lui en fit recommencer un second sur le même dessin.

On sent, en effet, une main fort peu expérimentée, dans la fabricationde ces chandeliers, peu expérimentée du reste dans tous les bronzes attribuésà .saint Bernward. On est au début d’une renaissance où s’accusent toutesles gaucheries d’un art en enfance.

Assurément ces chandeliers ne sont bien remarquables, ni par leur formegénérale ni par leurs détails : ils sont mal assis sur un pied trop étroit, latige inférieure n’est pas sensiblement plus forte que la supérieure; ces tigessont trop longues et se relient mal au nœud du milieu qui n’a pas assez d’im-portance.

Les ^ ^ '’es lions ou chiens, de la tige inférieure; les oiseaux,

aigles ou pigeons, de la tige supérieure; les petits bûcherons ou vignerons quiavoisinent le nœud central; les hommes nus, qui montrent leur derrière,et sont accroupis sur les dragons du pied ; les mascarons qui grimacent sur lenœud supérieur, les tigres qui mordent les lèvres de la bobèche, ne formentcertes pas une composition impeccable mais sont intéressants au point de vuede l’histoire de l’art.

Nous avons là le point de départ de la seconde renaissance, commenous l’avons dit, de cette renaissance qui nous a donné à son apogée lexm° siècle, le plus grand siècle que l’on ait encore vu.

Saint Bernward avait bien compris tout l’intérêt qui pouvait s’attacherà ces aiuvres car il fit graver sur ses chandeliers une inscription assez obscuremais fort curieuse.

Celte inscription commence par une croix et circule d’abord tout autour de lalèvre de la bobèche, puis elle descend au pied, sur le blet qui sépare les trois pattesd’animal, dos trois hommes accroupis, et elle marque également par une croix sonpoint do départ ou d’arrivée.