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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHAPITRE V — XIII 0 SIÈCLE

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$ !>. — Chandeliers limousins.

En dehors dec.es ciiamlelmrs qui, par plus d’un point, se ' ‘ du

imvfi.il do la dinanderie, il existait un autre genre du fabrique dont lu siègeprincipal était à Limoges et dans les environs de eettu ville; c’est dans cellerégion qu’éta’mnt exécutés les émaux champlevés, qui, sans être absolumentle signe caractéristique du xiii" siècle, n’ont cependant jamais été exécutésavec plus d’ampleur et de perfection qu’à cette époque.

L’émail en /aille d'épart/ne ne fut dès l’origine un secret pour personne :ce qui a caractérisé le travail de Limoges , c’est que les ouvriers de cette ville,abandonnant aux autres orfèvres l’émail sur or et argent, se consacrèrentplus spécialement à la fabrication de l’émail sur cuivre doré. Limoges sut si»livrera celte industrie, avec une si grande hardiesse de conception, avec uneentente commerciale si heureuse, qu’elle accapara entièrement ce genre dofabrication, l’exploita en grand et y obtint un tel succès qu’elle lui donna sonnom, comme Damas à la damasquinure, Dinant à la dinaiulerie, Arras auxarrazzi, etc...

La vogue qu’obtinrent ces chandeliers en émail, fut presque aussi consi-dérable que celle des châles venant du même pays.

Les chandeliers avaient généralement une hauteur d’un pied à un piedet demi. Il en existait autrefois dans le Limousin plusieurs spécimens ornésde rinceaux épanouis au milieu d’incrustations d’émaux aux teintes variées ;d’autres ont une base triangulaire, où des fleurons découpés à jour se replientautour de masques grimaçants ; ils ont passé dans les collections pari-siennes.

Un chandelier plus remarquable encore appartenait récemment à l’églisede Tarnac (I) : Aux trois .angles, sur une base triangulaire enlacée de feuil-lages aux capricieux replis, liée de galons semés «U» perles, sont assis troisanges aux longues tuniques ; un livre est ouvert sur leurs genoux. Ce remar-quable chandelier est fondu en cuivre jaune, Pauncalqne de Théophile,matière assez rarement mise en «ouvre par les orfèvres français .

(1) Texier, Orfèvrerie chrétienne, col. 473.