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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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§ 4. — Un seiuiuimek au \iv° siècle.

A cette époque, l’art de la forge commence à décroître et tous ces chan-deliers, quoique composés avec goût, n’ont cependant que peu de valeur sous lerapport de l’exécution et au point de vue de l’intérêt de la difficulté vaincue.Telle est l'opinion de M. Viollet-le-Duc (I), qui a rendu ce fait bien caractéris-tique dans une amusante fiction, où il fait parler un serrurier du xiv” siècle :

Voici encore, dit cet artisan, une pièce de serrurerie comme nous en fabriquonschaque jour pour les églises et les châteaux; c’est un grand chandelier à couronne,cela ne demande ni beaucoup de peine, ni beaucoup de soin. Vous voyez au centre unetige de fer, ronde au sommet, à six pans dans la partie inférieure, puis des traversesplates posées en croix, soulagées par des potences qui maintiennent les trois cerclesauxquels sont lixées des pointes pour les grands cierges et des viroles pour les petitscierges. Le candélabre est porté sur trois pieds et ne peut ainsi vaciller, quelle que soitl’inégalité du sol. Je fais de cos grands porte-lumières par douzaine, et cela ne coulepas cher ; mais aussi n’est-ce ni long ni diflicile à fabriquer. Les branches soutenantles cercles sont assemblées avec ceux-ci au moyen de rivets, et leur extrémité infé-rieure passe à travers les petits plateaux circulaires qui sont enfilés par la tige de fer.Les cercles peuvent ainsi tourner sur l’arbre central, alin que l’allumeur de cierges nesoit pas obligé de faire le tour du porte-lumière. Les petits ornements qui égayent lessupports des cercles sont eux-mêmes rivés. Ainsi, dans ces grandes pièces, lesdifficultés de forge sont évitées ; il n’y a point de soudures ; les pièces sont tournées àchaud, quelque peu gravées par des coups de burin et rivées les unes aux autres. Depareilles œuvres déplaisent à un vrai forgeron; elles gâtent la main, dépendant, cespièces ne coûtant pas cher et ayant de l’apparence, quelques-uns les font dorer et lesplacent dans les salles de banquet. A distance, on peut croire que ce sonL là des porte-lumières d’un beau travail... Que voulez-vous? Si nous passions notre temps à nefaire que des ouvrages recherchés par les amateurs, nous ne pourrions gagner assezpour donner du pain à nos enfants. Mon voisin, Jacques Ulin, qui était bon serrurieret façonnait ces beaux ouvrages tant prisés, est mort dans la misère, sans laisser dequoi l’enterrer. Quand il venait me voir, et si j’avais sur ma forge une pièce commecelle-ci, j’étais houleux ; il ne disait rien, et se sauvait. Ce sont ces ouvrages de peude valeur qui nous rapportent les plus gros bénéfices.

§ il. - ClIANUEUEli o’OsNABKUCK.

Quoiqu’on ne puisse éluhlir de règle générale à ce sujet, il est bon cepen-dant de faire remarquer qu’à l’origine, beaucoup de ces chandeliers de fer

(1) Mobilier, 1 . I, p.