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pour cette garde aucune espèce de rémunération. Ces bonnes gens (1), gre-lottant de froid et de peur, se morfondaient; toute la nuit à la lueur deschandelles que leur délivraient messieurs les échevins, puis, le matin venu,sans avoir rien vu, sans avoir surtout cherché à voir, ils rentraient chez euxplus morts (pie vifs.
Huand ils se décidaient à circuler dans les rues, ils marchaient munisd’un grand attirail de tlambeaux et de hallebardes; les gens mal avisés pré-tendaient même «pie « leur prudence inquiète et tâtonnante, à traversle boueux labyrinthe, ressemblait presque àde la peur. Les bandits vont par si grandetroupe (2) et messieurs du guet embourbésdans ces fanges seraient mal à l’aise, [unirêtre braves! Ils font donc de leur mieux leurmétier; piaifent à grands bruit comme pourdire aux bons bourgeois : « Nous voici, soyeztr ^ '"es » ; mais pourtant ils ne se cachentpoint qu’eux-mèmes ne le sont guère. » Onconserve (3) au musée de la porte de liai, àMruxelles, un bouclier du xiv° siècle dont semunissaient probablement les hommes chargésde ces rondes nocturnes. Cet objet qui nous a.paru intéressant pour notre sujet est d’une forme très simple et de petitedimension. Au milieu se trouve un crochet ou crampon pour y attacher unelanterne sourde. Cette partie manque à cette arme curieuse qui pouvait ainsiservir pendant les ténèbres delà nuit. On désignait ces sortes d’armes sousle nom de « boucliers de nuit ». Le grand cadre du centre est fixé sur l’armepar des chevilles ou boulons à tètes rondes rivées, le tenant isoh' du champ.Il en est de même du petit cadre ovale «pii entoure le crampon destine aagrafer au milieu la lanterne sourde.
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(Conservé au musée de la porte deliai, à Uriuelles.)
(1) Ed. Fournier, Les Lanternes , p. 13.
(2) Sous Charles V , le service du chevalier du guet et de ses gens n était pas des plusrudes, et il s’achevait à l’heure où il eût dû commencer. On lit dans 1 ordonnance de 1307,à propos des sergents du guet: « Et s’en iront faire leur devoir par la ville jusqu’àl'heure du couvre-feu Notre-Dame de Paris, à laquelle heure s’en retourneront audit Châ-telet. »
(3) Corhlel, Revue de l'Art chrétien, t. VI, p. 22.