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CHAPITRE VTT1
XVI e SIÈCLE
doyent de grosseur peu moindre, troys chaisnes bien artificiellement faites, lesquelles,de deuz piedz et demy en l’aer, comprenoyent en figure triangle, une lampe de fin or,ronde, de telle grandeur que le diamètre excedoyt deux coubdées et demyc palme. Enycelle estoient quatre boucles ou perluys, en chascune desquelles estoyt fixementretenue une boule vuyde, cavée par le dedans, ouverte de dessus, comme une petitelampe, ayant en circonférence environ deux palmes et estoyent toutes de pierresbien prétieuses. L’une de améthyste, l’aultre de carboucle libyen, la tierce de opalle,la quarte d’anthracite. Chascune estoyt plaine d’eaue ardente cinq fois distillée paralambic serpentin, inconsumptible comme l’huyle que iadyz ineit Calliinachus en lalampe d’or de l'allas en Acropolis de Athènes , avecqucs un ardent lychnion, faicl, partde lin asbestin , part de lin carpasien, lesquelz par l'eu plustout sont renovelléz queconsumméz. Ou dessoubz d'ycelle lampe, environ deuz pieds et demy, les troys chaisnesen leur figure première estoyent embouclées en troys anses, lesquelles issoyent d’unegrande lampe ronde de crystallin très pur, ayant en diamètre une coubdéo et demyc,laquelle ou dessus estoyt ouverte environ deuz palmes : par ceste ouverture estoytou myllieu pousé ung vaisseau de crystallin pareil, en forme de coucourde, ou commeung urinai; et doscendoyt iusquos au fond de la grande lampe, avec telle quantitéde la susdictc eaue ardente, que la flambe du lin asbestin , estoyt droiclement oucentre de la grande lampe. Par ce moyen, sembloit doneques tout le cors sphé-rique d’ycelle ardre, cl enflamboyé, parce que le feu estoyt au centre et au poinctmoyen.
§13. — Lampe de Cardan.
C’est au xvi° siècle qu’on a commencé à s'apercevoir qu’aucun progrèsn’avait été réalisé dans les lampes depuis l'époque romaine, et qu’elles étaientréel leinent défectueuses.
Jusqu’à cette époque, en effet, on s’était contenté de se servir d’un petitrécipient, de forme ronde, carrée ou polygonale, dont tout le mécanisme consis-tait en deux trous par l’un desquels on versait l’huile, tandis que la mèchebrûlait à l’extrémité de l’autre ouverture. 11 est inutile de faire observer quedes lampes de ce genre avaient le don, non pas d’éclairer, mais d’infecter lesappartements où ('lies étaient pincées. Le premier qui conçut le projet deremédier à ces inconvénients, lut un médecin du nom de Cardan , célèbre parun grand nombre d’inventions mécaniques; parmi celles-ci, il faut citer lesystème de suspension auquel il adonné son nom.
Voici la description de cette lampe d’après le Dictionnaire de Trévoux,édition de 1732, à une époque où l’usage commençait à s’en vulgariserdavantage :
Elle se fournit elle-même son huile ; c’est une petite colonne de cuivre ou de