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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHAPITltK X — XVIII 0 SIECLE

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Voici du reste cette pièce :

De Paris, le 11 avril. Arrêt (1) du Conseil d’état du Hoy, donné à Versailles le19 décembre 1786. Et lettres patentes sur... donné à Versailles le 3 janvier 1787, registreen parlement le 6 inay 1787, portant privilège exclusif accordé aux sieurs Argancl etLange de fabriquer, vendre et débiter dans toute l’étendue du Royaume des lampes ilcourant d’air et à cheminée de verre de leur invention ; et ce pendant l’espace de quinzeannées entières et consécutives.

Sur la requête présentée au Roy en son conseil parles sieurs Aimé Argand (2), ci-toyen de Genève , et Ambroise-Ronnaventure Lange, distillateur du Roy, contenant qu’ilssont inventeurs d’une lampe appelée à courant d'air et à cheminée de verre (pii réunitle double avantage qu’il ne s’y forme aucune espèce de fumée, et que la matière quidevait la produire est convertie en lumière, laquelle, pour cette raison, se trouve consi-dérablement augmentée ; que les premiers essais de cette lampe ayant été communiquésle t o août 1793 par le sieur Aimé Argand, l’un des supplians, au sieur Marquer, de l’Aca-démie royale des sciences , cet académicien en rendit les témoignages les plus favorables,ainsi qu’il résulte du rapport qu’il en lit le 10 du même mois; que postérieurement il cerapport, le sieur Argand était en Angleterre occupé à compléter cette lampe en ajoutantau courant d’air introduit dans l’intérieur de la mèche une cheminée do verre, qui,environnant ladite mèche à une distance convenable, s’échaudant et concentrant lachaleur, augmente le courant d’air intérieur et en occasionne un seconde à l’intérieurde la mèche, ce qui achève de détruire la fumée en la convertissant en flamme ; que dansle même temps le sieur Lange, aussi, l’un des supplians, a fait en France la même décou-verte qu’il a perfectionnée en resserrant la cheminée près de la flamme, ce qui rendla lumière encore plus vive et plus éclatante, ainsi qu’il résulte du rapport des com-missaires do l’Académie royale des sciences du 6 septembre 1783, dans lequel ilsdéclarent qu’une seule de scs lampes éclairait comme vingt bougies qui seraientréunies ; que les supplians, jaloux de rendre leur découverte utile au public, se sontréunis pour travailler de concert et rendre leur lampe d’un service plus sûr et pluscommode, que leur dessein étant d’établir une manufacture assez considérable poursatisfaire aux demandes qui leur sont faites, ils ne pourraient se livrera une entrepriseaussi dispendieuse s’ils n’avaient l’espérance d’un privilège exclusif, etc.

Vuladite requête ensemble le rapport du feu sieur Marquer du 16 août 1783, celuides commissaires de l’Académie royale des sciences du 6 septembre 1783. Ouï lerapport du sieur de Colonne, conseiller ordinaire du Roy au Conseil royal, contrôleurgénéral des finances, le Roy en son conseil ayant égard à ladite requête a accordé etaccorde aux sieurs Argand et Lange un privilège exclusif pour fabriquer, vendre etdébiter dans tout le royaume pendant le temps et espace de quinze années entières etconsécutives, à compter de la date du présent arrêt, les lampes de leur inventionappelées à courant d’air et à cheminée portant une carte avec ces mots : Par privilègedu Roy et le nom des auteurs, pour, par eux et leurs ayants cause jouir dudit privi-

(1) Le Mercure de France, avril 1787, p. 88.

(2) Dans ce document, le prénom d’Argand est écrit « Aimé »avons trouvé « Ami ».

et partout ailleurs nous