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CHAPITRE X — XVIII» SIÈCLE
ou trente heures, sans qu’il soit nécessaire de la moucher. On fait, en s’en servant,une épargne considérable puisqu’avec un quarteron d’huile on est très bien éclairépendant huit ou dix nuits. Ces bougies artificielles sont placées sur un pied qui sertde chandelier et dans lequel une vis en forme de noyau fait monter l’huile. Le centde ces bougies ne revient qu’à douze gros, et deux cents suflisent pour éclairer toutel’année. Comme la lumière ne fatigue jamais moins les yeux, que lorsqu’elle setrouve placée à une juste élévation, le bureau des annonces de Leipsiek invite lesartistes à chercher le moyen de lixer la bougie à une hauteur convenable et toujoursla même.
IX. Campes allemandes. — Eu dehors des cliaudHicTs à huile, on inventapendant le xvm® siècle un assez grand nombre' de lampes (U* dillerontssystèmes, dont plusieurs fort ingénieux, ont été employés pendant lapremière' moitié du xix° siècle*. Parmi ces lampes, epielepies-unes étaient àpetmpe comme certains e'hanelelie'rs a huile; c’e'st dans cette eailégorie* epi’ilnous faut ranger les lampes vendues parle sieuir Lespart, marchand verrier,sous le nom de « lampes allemandes ».
Le sieur Lespart (I), marchand verrier, continue à débiter avec succès ses lampesallemandes en forme de poires. 11 y en a do doux sortes, les unes à pied et à guéridon,qui sont du prix de vingt francs, d’autres à bobèches qui valent douze francs. Ceslampes contiennent environ deux onces d’huile et brûlent douze à quatorze heures sanss’éteindre, au moyen de la pompe qui est à la bobèche. Elles sont propres pour l’étudeen ce qu’elles ne fatiguent point la vue : et le sieur Lespart est actuellement assezabondamment pourvu de lampes pour en fournir aux marchands de provinces, quipeuvent lui écrire en affranchissant les lettres. Il demeure rue dos l’elits-Champs-Sainl-Martin, près de la rue Beaubourg, et c’est là qu’il tient son magasin. Il faitaussi vendre ses lampes rue Saint-Martin, au coin de celle de la rue Saint-Julien, oùil y a un bureau de lotterie.
Nouvelles lampes du sieur Lespart. — Le sieur Lespart, marchand verrier,inventeur des lampes allemandes françaises, dont j’ai déjà parlé quelquefois, a inventéune nouvelle lampe à réverbère propre pour le cabinet et les ouvrages sensibles, quiéclaire comme le plus beau jour, au moyen d’un ajouté qui ménage la vue, et quifait moitié moins de dépense que la chandelle qu’il faut moucher huit à dix fois parheure. Ces lampes n’ont point cette incommodité, elles éclairent avec la mêmeégalité. Si elles sont de grandeur à durer trente heures, il suflit d’en moucher lamèche au bout de 12 à 15 heures.
Il pourra le dix d’avril fournir la mèche par addition et imbibition pareille àcelle qu’on a déjà trouvée chez lui, mais dont il fui obligé de cesser la vente le dixde février, faute de provisions suffisantes.
(I) Journal de Verdun, 1748, t. LX11I, p. 75.