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CHAPITRE XI
1/ÉCLAIRAGE PURL1C AU XVIII e SIECLE
L’usage d’éclairer les rues pendant la nuit s’est longtemps borné en France à lticapitale et à un petit nombre d’autres villes principales. A Paris même, les lanternesformées de petits vitraux étaient construites de manière à ne laisser échapper quetrès peu de rayons de la faible et sombre lumière qui y était entretenue. Les jointuresdes vitres produisaient dans les rues ces ombres transversales que M. Kandin, enrevenant de souper en ville, prenait pour des poutres, et qu’il franchissait avec peine,en sautant à chaque pas.
Ces lanternes suspendues à des cordes pendaient au milieu de la rue, etnous trouvons dans un auteur contemporain (Jaubert, Dictionnaire des arts . etmétiers ) des détails très circonstanciés sur les soins à apporter pour leurentretien :
Dans toutes les villes bien policées, qui ont des lanternes pour éclairer pendant lanuit, il y a des gens préposés non seulement pour les allumer tous les soirs à l’heureet aux jours qui leur sont indiqués par la police, mais encore pour les entretenir tou-jours transparentes, et en ôter les matières fuligineuses qui s’attachent aux parois duverre de la lanterne ou à son chapiteau. Pour cet effet, l’allumeur de lanternes (chacundans le district qui est confié à ses soins) commence par nettoyer le globe qui sert delanterne, comme à Bordeaux et ailleurs, ou les verres qui la composent, comme àParis , avec une éponge et ensuite un linge pour enlever les matières grasses etonctueuses qui s’y sont collées ; il frotte ensuite avec du liège le couvercle, ou chapi-teau do la lanterne qui est noirci par la fumée de l’huile, et passe après cela du tripoli ou du blanc d’Espagne délayé avec de l’eau, sur le poli du réverbère, alin qu’il réllé-chisse plus vivement la lumière que donnent les mèches allumées qui sont dans lalampe qui est suspendue dans le milieu de la lanterne. Le réverbère est une plaquede fer-blanc polie, qui réfléchit vivement, sur les lieux voisins, les rayons de lumièrequi donnent dessus. Les bourgeois de chaque ville sont ordinairement taxés pourl’entretien des lanternes qui les éclairent pendant la nuit.