68 I. Entretien fur les Fies
Mais cela ne se saie pas en un moment,&C par une faillie ou une promptitude d’ef-prit, comme beaucoup d’autres produc-tions dont une partie de la beauté & de lagrâce dépend feulement de la vivacité del’iinagination qui les enfante , tk de la di-ligence avec laquelle ils font exécutez. Carcomme les idées des choses font pures &simples, il est nécessaire lors qu’un Archi-tecte prétend de les unir à la matière, qu’ilépure ussi cette matière pour la rendrecapable de cette union: ce qu'il ne peutfaire qu’avec beaucoup de raifonnemens,& en reformant plusieurs fois son deílein.II doit même examiner toutes les partiesinterieures, & faire comme i’anatomiedetout lecorpsde ion ouvrage, avant que detravailler à ía décoration exrerieure : imi-tant en cela les plus excellens Peintres,qui, pour mieux vêtir leurs figures, lesdellìgnent toutes nues auparavant, 8cmarquent jufqu’aux nerfs, aux muscles& aux moindres apparences, afin d’être as-surez que fous les vêtemens qu’ils font en-suite, il y a un corps caché.
Le corps de l’homme , à mon avis, luipeut encore íervir d’un parfait modèle,pour observer comme quoi toutes les par-ties interieures en font disposées avec un sibel ordre Sc une si lage dispensation, qu’el-leson: toutes un rapport &í une communi-cation