140 11 . Entretien sur les Vies
laid dévisage, & craignant d’avoir un en-fant qui lui ressemblât, fit peindre dans lachambre de fa femme une figure parfaite-ment belle , afin qu'en la voyant souvent,ion imagination pût corriger fur un sibeau modèle , ce que la nature auroir pûébaucher de difforme dans Pensant dontelle étoit enceinte.
Pymandre relevoit encore le mérité dela Peinture , par cette merveilleuse puis-sance qu’elle a de nous mettre devant lesyeux, une image véritable des personnesque nous chéri lions, & de les representersi parfaitement, qu'il nous semble , quoi-qu’éloignez d’ellcs, les avoir présentés, &joûïr de leur compagnie.
Ces diverses réflexions servirent à nousentretenir agréablement. Car demeurantd’accord que la Peinture s’étoit mise enestime par l’avantage qu’elle a de si bienrepresenter les personnes absentes, qu’elletient lieu d’une chose réelle , je dis à py-mandre qu’elle avoir pourtant acquis íaprincipale réputation de ce qu’on n’a pointtrouvé de plus beau moyen pour récom-penser les vertus des grands hommes, <5 Cpour rendre leur nom immortel , qu’enlaissant leur image à la postérité. Ceuxd’Athenes , lui dis-je , ne dressèrent uneStatue à Esope qui n’étoit qu’un esclave ,qu’afìn d’apprendre à toutes sortes de per-sonnes