74 III. Entretien sur les Vies
Cette haute estime qu'on eut pour Polí-dore, fit aussi que l’amitié que Mathurinavoit pour lui, augmenta davantage; 8ccomme Polidore de Ion côté répondoit àl’affection de son camarade, ils résolurentde vivre dorénavant comme deux freres,fans jamais se séparer. Pour cet ester,ayant mis ensemble tout ce qu’ils polfe-doient, & n'ayant plus qu’une même vo-lonté , ils entreprirent plusieurs ouvrages.Et parce qu alors il y avoit à Rome beau-coup de Peintres qui avoient acquis de laréputation , & dont les tableaux étoientrecherchez pour la beauté du coloris, 5cqui avoient en effet des grâces que lesleurs ne pcstèdoient pas, ils pensèrentqu’ils dévoient s’attacher entietement àce qui regarde la grandeur du dessein. Bal-tasar Peruzzi avoit déjà peint de clair-obscur quelques façades de maisons enplusieurs endroits de Rome ; de sorte quetrouvant cette maniéré de peindre en usa-ge , ils résolurent de l’imiter. Ils com-mencèrent d’en faire l’epreuve procheSaint Silvestre à Monte-Cavallo, & cepremier estai qu’ils firent conjointementavec Pelegrin de Modéne, leur réussit sibien, qu’il leur donna plus de hardiestèpour d’autres entreprises. Ayant doncensoite achevé plusieurs ouvrages , 3cvoyant l’estime qu’on en íaisoit, ils pen-sèrent