D’ARCHITECTURE. 237voir que les vérirables réglés de cet Arc nepermettent jamais d’y rien produire, nonseulement donc on ncpuifle rendre raisonîmais qui ne porte encore avec soi tous lescaractères sensibles de la raison. Ainsi il nesuffit pas qu’un édifice soit construit soli-dement : il faut que fa solidité paroiflè àla vûë, d’une maniéré conforme à la naturemême de l’édificc. Il ne suffit pas non plusqu’un bâtiment soit orné d’Ouvrages tres-exquis: il faut que ces ornemens s’y trou-vent employez comme par nécessité, &tels que le caractère, l’ufage,& la dignitéde ce même bâtiment semblent les exi-ger.
C’est sur ces principes de solidité & debeauté véritables & apparentes, que l'Ar-chitecture antique est fondée. Delà vientque les colonnes anciennes ont été tail-lées à limitation des troncs d’arbre, &non pas de ces branches flexibles ausquel-les on compare les colonnes des Ouvragesgothiques, & qui ne semblent proprestout au plus qu’à soutenir des feuillages &des fleurs pour des berceaux de jardin ,oudes couvertures faites d'étofes legeres pourdes tentes & des pavillons dont on se sertdans un camp.
L’on admire aujourd’hui l’invcntiondes trois ordres d’Architecture Grecs, c’est-à-dire l’ordre Dorique,l’Ioniquc & le Co-
rin-