r 6 HISTOIRE
représente la maniéré dont nous concevons l’infini : ce n’estque par des augmentations répétées St des additions successi-ves ; c’est parce qu’une nouvelle unité peut fans cesse êtreajoutée à des sommes d’unités ; c’est pour terminer ces opéra-tions fans fin , St cette possibilité qui est toujours la même *que l’homme borné dans fes facultés, St dont la foiblessedemande un terme ou elle puisse fe reposer , a imaginé dansle lointain de fes pensées cet infini qu’il ne peut atteindre niconcevoir. On n’a donc pu y arriver tout-à-coup. II a falludes idées préliminaires St suivies d’idées plus grandes .* il afallu que des découvertes eussent fait des additions successivesà l’étendue du monde. L’univers, en différens siécles , a parude différentes grandeurs ; il s’est étendu par les travaux, parles découvertes , comme la terre devient immense aux yeuxdu voyageur ignorant qui abandonne fes foyers St ion horizon.Enfin l’univers n’a atteint fa grandeur majestueuse St incom-préhensible , que lorsque l’efprit humain , lassé d’ajouter desespaces à des espaces, a nommé infini ce qui fe refufoit à.fessens 6 1 à fes mesures. Ce n’est pas fans raison que l’on ditfigurément la marche de l’efprit humain ; il avance par desidées liées, comme nous nous transportons par des pas répétés.L’infini est le gousse où fe perdent nos pensées. II n’est pointnaturel de fe jeter dans des précipices ; si l’homme est descendudans cet abîme fans fond, il y fut entraîné par une pente.
Voyons maintenant quelles étoient les connoissances dusiecle d’Aristarque, 6 1 en calculant les forces naturelles, esti-mons le chemin qu’il a pu faire. Pytbagore penfoit que lesoleil étoit seulement trois fois plus éloigné de nous que lalune. Áristarque, né pour aggrandir l’univers , sentit de larépugnance à admettre cette proposition absurde , il montrapar une méthode exacte que la distance du soleil surpassai t au