DE GASTRONOMIE MODERNE. 4l $
lui-même. Tycho ne pouvoit manquer de patrie, il appar-îenvic à l’univers. Si l’espece humaine a seule le privilège dev ivre dans tous les climats, ce privilège appartient sur tout àì homme de bien , qui mérite partout des amis, & à l’hommea talens , qui est accueilli partout comme un bienfaiteur*Malheur donc au pays qui méconnoît les dons du ciel, & quipersécute l’homme de tous les tems & de tous les pays. Tychofut désiré par l’Empereur Rodolphe. Ce prince lui donna une*forte pension, & lui offrit le choix dans plusieurs domaines ,Pour y établir son habitation & son observatoire. Rodolpheíui fit encore deux préfens, en lui donnant deux coopérateurs-dignes de lui ; Longomontanus & le célébré Kepler, qui venoitapprendre, fous ce grand maître , une science où il devoir scfendre immortel, Tycho resta quelque tems dans un château,,pfès de Prague ; puis ne s’y trouvant pas bien , il désira dete tourner à la ville.. Nous croyons appercevoir dans les der-nieres années de la vie de Tycho, ^inquiétude d’un esprit mal* son aise, ôc qui se sent déplacé. Les hommes tiennent plusa la patrie que la patrie ne tient à eux ; leurs concitoyens>composés d’indifférens ou d’envieux , ne les connoiffent point,les connoiíïent mal , & ne leur rendent justice qu’aprèsleur mort. JVJais l’homme tient aux lieux où il est né , par le:souvenir de l'ensance & de la jeunesse ; il n’qublie jamais lethéâtre de ses premieres affections,. la carrière de ses travaux &f a gloire ; il se console de vieillir, par le spectacle des lieuxtout est réminiscence, 8c où il jouit encore du passe. S’il
ni Tycho, ni la ville du ciel ; ces*î 0l Rs l eur écoient absolument étrangers. TJu_ etl l yieillard avoir vu Tycho 8c son obser-c a 'oirc ; il s e vantoit d’avoir aidé à saj,° n utuÓ;i on- Voilà comment la gloire s’ef-/ £c & les noms s’enscvelissent. A peine un^h-siecle étoit-ii-écoulé ; un établissement
royal, la fondation d’un grand hommeavoient disparu, & lesmoms mêmes étoientperdus pour les'habitansi Demandez à ceshabicans où sont les connoissances amasséesdans leur ísle ; c’est un exemple en petit de$;changemens dumonde 8c des révolutions de-l’ignorance.