59$ ÉCLAIRCISSE M E'N S.'
§. XXIII.
Albatrunius-abul-Rihan , l’an 995 , suivant M. Bernard , ou Panio( 58 , selon Abulpkarage (a), observa l’obliquité de Iecliptique de 23°35', avec un quart de cercle de 15 coudées de rayon. M. Bernard citeGréaves , d’après un manuscrit arabe d’Albatrunius. Abu-Mahmud-al-Chogandi, fous le califat de Phacrodaula, trouva, vers 991, l’obliquitéde l’écliptique de 13 0 3a' zi", avec un sextant de 40 coudées de rayon ,dont le limbe étoic divisé en secondes. Cette derniere observation sur-tout est; remarquable par la précision qu elle semble comporter ; elle estexprimée en secondes , & il n’y a que celle - ci, & celle de l’obliquitéde l’écliptique par Ulug-Beg , dont nous parlerons bientôt , qui soientportées à cette précision. Cela s’accorde avec l’idée qu’on nous donn®de Pinstrument qui étoit, dit-on , divisé en secondes. En partant des va-leurs des trois coudées , qui étoient en usage chez les Arabes (b) , le.rayon du quart de cercle seroit de 19 pieds 3 pouces , de 21 pieds 8pouces , ou de 2 5 pieds 8 pouces : quant au sextant de 40 coudées ,son rayon , en partant des mêmes valeurs de la coudée, devoir être de5 1 pieds 6 pouces , de 57 pieds 9 pouces , ou de 68 pieds 6 pouces.Comme la coudée noire de 27 doigts est celle qui paroît avoir été leplus en usage chez Jes Arabes, celle qui du moins a servi pour la mesuredu.'degré , il est probable que c’est de cette coudée dont il est question.Alors cet instrument ayant 57 pieds 9 pouces de rayon , le degré auroitrépondu à une étendue de 12 pouces I, 22 lignes, la minute ì 2, 42 lig.,les 10'' à o, 40 lignes, & la seconde à o, 04 lignes. Remarquons qu’on nepeut pas supposer que cet instrument ait été un gnomon: il est bien qualifiéde sextant dont le limbe étoit divisé en secondes ; & comme ^ de lignen auroit pas été sensible , il faut croire qu’il étoit divisé par transver-sales. Quelque étonnante qu’ait été l’exécution d’un pareil instrument ,comme nous voyons d’un côté 3 e témoignage positif des Arabes, accompa-gné de la circonstance que le limbe étoit divisé en secondes , & que del’autre nous voyons une observation presque unique chez ces peuples, en cequ’èlle paroît faire avec la précision d une seconde , il nous semble difficilede ne pas admettre la réalité de l’instrument. M. le Monnier est de ce senti-ment (t). Ajoutons que l’air simple dont les Arabes rapportent ces faits est
(<z) Trans. pliil. N", ILz«Abulpharage, p. 119.
(b) Supra , Eclaire, p. 507 & 326.
(e) Mém. Acad, Sc. AM,. 1743, p. 324-