5 o HISTOIRE
les architectes ont quelquefois mêlé les ornemens gothiquesà l’ordonnance greque & romaine. Kepler ne fe permitpoint ce mélange ; il ne vit dans l’univers que des corpsmaííìfs , transportés dans un espace libre; il leur falloit uneroute qu’ils suiviíTent sans effort , fans intelligence , & unecause pour la leur faire parcourir : Kepler trouva la route, lacause atendoit Ncvron. ;
§. XXXIII. r r
Presque toutes ces vues appartiennent à la jeunesse deKepler. Si les hommes , qui ont avancé les sciences par leurstravaux, si ceux à qui il est: donné d’édairer le monde, veulentrevenir fur le chemin qu’ils ont fait, ils verront que les idéesles plus belles , les plus grandes, font les idées de leur jeunesse,mûries par le tems & par l’expérience. Elles font renferméesdans les premiers essais , comme les fruits dans les boutonsdu printems. Kepler, à peine âgé de 3 o ans, avoit commu-niqué fes vues à Tycho : elles produisirent entr’eux des débats.On écoute avec peine un jeune réformateur. Kepler attaquoitune erreur auísi ancienne au moins que le renouvelement del’astronomic; elle datoit de Ptolemée, elle avoit été suivie parla foule de fes imitateurs, & par Tycho lui-même. Dans legrand usage que l’on faifoit des oppositions des trois planètessupérieures , on déterminent ces oppositions relativement aulieu moyen du soleil. C’étoit chercher à établir la vérité furdes mensonges, fur des rapports évidemment faux ; les astro-nomes ne peuvent ignorer que les positions moyennes n’existentpoint : c’est une supposition du calcul pour arriver à connoîtreles positions vraies. Rappelons les principes : les planètes femeuvent inégalement dans leur orbite , leurs inégalités fontréparties dans les dissérens points de cette orbite, & reviennent