DE L’ASTRONOMIE MODERNE. i 3 t
Couvert de cheveux blanchis par T étude, par ses veilles, par fesbienfaits envers les hommes , à genoux devant le livre le plusrespectable , abjurant la vérité aux yeux de l’Italie qn’il ayoitéclairée , malgré le témoignage de sa propre conscience , 6ccontre la nature entiere qui manifeste cette vérité.
§. XXXIII.
L’Italie peut se consoler de ce decret honteux pour elle,en pensant qu’elle a produit Galilée. Cette gloire , qui estpour les siécles, ne peut être effacée par l’erreur d’un moment;mais le zele de la religion ne fut que le manteau de cettepersécution. On vouloir venger Aristote, 6c Tancienne philoso-phie détruite par les loix simples du mouvement, par Tordreaulîi simple de Tunivcrs. Le mérite a toujours des ennemispuiífans ; on n’a point impunément une grande célébrité , 6cla multitude va frapper de fa maífe Thomme qui Toffusquepar sa hauteur. La haine, nous n’en devons pas douter, unnombre d’imputations calomnieuses 6c répétées , ont séduitles juges de Galilée. Au reste Thistoire doit tout dire, pourêtre toujours juste ; nous ne devons pas juger cette faute avecles lumières de notre íiecle. Le système de Copernic n’avoicalors de partisans qu’en Allemagne ; ils étoient en petit nombre.A peine trente ans s’étoient écoulés depuis que Tycho étoiemort ; Tycho le premier, le plus grand des astronomes d’Eu-rope; Tycho, qui regardoit ce système comme absurde, ôc quiavoir cru nécessaire d’en proposer un autre. Kepler le défenditd’abord presque seul, ensuite aidé de Galilée ; mais la fouledes astronomes étoit contraire. Les juges comptèrent les suf-frages 6c ne les pesèrent pas. La lettre des passages de Técrituresemble opposée à ce système; avant que T église se déterminâtà les prendre dans le sens figuré, il falloir que les savans fussent
rtij