354 HISTOIRE
qui dépend moins des caprices du fort 8 c de la fortune , ce quePicard devoir admirer, c’est la longue influence des hommesutiles : malgré quatre-vingt ans écoulés , malgré les progrèsnouveaux , les dimensions de ce lieu profané étoient encoreimportantes ; 8 c le voyage de Picard étoit un hommage renduà Tycho. Picard retrouva dans les fondemens d’Uranibourgtoutes les dimensions de l’édifice, conservées dans les ouvragesde Tycho. 11 y observa la hauteur du pôle , il détermina ladifférence des méridiens avec Paris ; 8 c ayant tracé la méri-dienne exacte du lieu , il s’apperçut que celle de Tycho étoiten erreur de i 8 minutes. Cette erreur naistoit assez naturelle-ment de l’imperfection 8 c de la différence des instrumens ; lesinstrumens de Picard avoient fur ceux de Tycho l’avantage deslunettes : d’ailleurs Tycho avoir peut-être négligé quelquesprécautions nécessaires à une détermination si importante.Jadis la philosophie plus hardie auroit pris cette erreur pour‘ un changement des choses du ciel, une philosophie plus sagecommençoit à éclairer les hommes ; il s’en fallut peu qu’onn’accusât les corps célestes d’inconstance , on soupçonna quela ligne méridienne pouvoir nette pas fixe. Mais jadis on eûtprononcé , ÔC à l’époque où nous sommes, on douta (a). Picardrevint k Paris, chargé de ces connoiífanccs utiles ; ce ne futpas le seul fruit de son voyage, il rapporta le manuscrit origi-nal des observations de Tycho, manuscrit plus étendu 8 c pluscomplet que celui qui avoir été imprimé récemment par AlbertCurtius : il mérita encore des sciences 8 c de fa patrie, enramenant avec lui Roemer (b ), jeune Danois , destiné à s’il-lustrer par une grande découverte.
{fi) Mém, Acad. Sciën. Tom. I, p. 57.
(A) Ibid. p.