37 *
HISTOIRE
§. X X.
On ne pouvoit mieux vérifier les conjectures proposées dânsl’académie , où on avoir dit qu’en supposant la force centri-fuge, la pesanteur devoir avoir moins d’action fous l’équateur,Sc que les corps dévoient y tomber moins vite que fous lespôles ; cependant malgré cet accord de la théorie Sc de l'ob-servation , on étoit encore embarrassé pour prononcer sur lavéritable cause du phénomène : la théorie des forces centri-fuges n’étoit pas assez approfondie, Sc Inobservation de Caïennesembloit contredite par d’autres observations. A Lyon, à Cette,à Montpellier , dans tous les lieux de la France où Picardobserva la longueur du pendule , à la Haie, à Uranibourg (a),cette longueur fut trouvée la même qu’à Paris. Caïenne est lansdoute bien plus distante de Paris qu Uranibourg , mais si leshorloges retardent de z minutes z 8 secondes, en se rapprochantde l’équateur de 44 degrés, il semble que lorsqu’on remonte de1 1 degrés vers le pôle , Sc à la latitude d’Uranibourg , ellesdevroient avancer d’une quantité sensible , Sc demander aucontraire un alongement du pendule. Ces considérations tenoientdans l’académie les esprits en suspens ; le phénomène pouvoitêtre local Sc particulier à Caïenne , on craignit d’en faire unphénomène général : ce résultat extraordinaire étoit fondé surl’expérience , mais fur une expérience unique. L’académie ,qui ne précipite rien, souhaita qu’elle fût répétée ; elle attenditles lumières du tems : ses membres peuvent s’avancer dansl’avenir par le génie, préparer les découvertes par des vues ,tenter d’unir les faits par des conjectures , elle ne connoît ,n’adopte que la vérité démontrée ; Sc l’esprit dans lequel elle
00 Méra. Aead. Seien. T. I, p. 116, 110.