DE L’ASTRONOMI.E MODERNE. 423
niomenc de fa naissance. La lumière fe meut donc avec unevitesse presque incroyable, mais sensible! On peut observer quelpenchant nous porte à rejeter, à fuir long-tems les notions lesplus simples St les plus naturelles: la lumière frappe notre organe,nous sentons son impression ; elle agit fur nous comme l’airqui nous entoure; c’est ijn fluide qui fe répand, qui nous presse,la lumière est donc un corps. La lumière a son foyer, fa sourcedan^ un astre, la sensation qu’elle excite est en nous, un inter-valle immense íéparc l’cffet St fa cause ; rien n’est plus simpleque de supposer un tems Le une vitesse pour cet espace. Maisc’est la puissance de la nature qui nous confond; nés pour lesexcès , nous l’avons fait d’abord trop petite , nous la saisonsquelquefois trop grande : l’enthousiafme de l’admiration neconnoît ni bornes, ni mesures. Lorsque Copernic nous a ouvertles espaces de l’univers , cette extension de l'étendue a effrayéles esprits , l’univcrs a paru trop vaste pour la peníée ! Maislorfqu’on s’est familiarisé avec cette opinion aussi vraie quehardie , lorfqu’on a eu des notions justes de la distance desplanètes, de leurs volumes St de leurs masses pesantes , l’ima-gination s’est plu dans cette grandeur ; elle a vu la natureremuer facilement, fans interruption ces fardeaux , les tranfporter au loin avec une grande vitesse , un respect: exagéré aforgé des miracles pour les croire : on a dit, la lumière naîtSt la lumière arrive dans un instant insensible à l’extrémité del’efpace. Mais ces inconséquences font fondées fur une absur-dité ; on n’ofoit croire alors que les rayons de lumière fussentdes corps. Newton , qui évitoit la rencontre des opinions, enmarchant la vérité à la main, ne prononce point si la lumièreest une matière, si fes rayons font corporels. Les préjugés nefe retirent que comme les ombres , successivement St pardegrés ; les astres confervoient encore de leur ancienne divi-