DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 519
cet aplatissement pouvoit se rapprocher de la seconde, ensupposant que la densité de Jupiter étoit plus grande à l’équa-teur, où la matière, toujours exposée aux rayons du soleil ,devoit être plus serrée, Sc pour ainsi-dire, plus cuite (a). Enmoins d’cspace, il en pouvoit tenir assez pour faire équilibreà la matière plus pesante des pôles.
§. XXVI.
La terre est donc un sphéroïde, 5 c sa figure ressemble àcelle d’un œuf; Varron en avoir déjà sait la comparaison (<$),sans doute cn conséquence de quelques idées superstitieuses desanciens. La théologie païenne supposoit que le monde étoitsorti ,d’un œuf ; ce n’est pas la premiere fois que l’ignorancc5 c le profond savoir, par des chemins opposés , font arrivésaux mêmes résultats.
Cette protubérance de la terre à l’équateur est comme uneceinture dont elle est enveloppée : il semble que notre globesoir entouré d’un anneau , d’unc zone excédente de matière.On suit New ton en admirant la fécondité de ses vues &c'lebonheur de fa destination , qui l’appeloit à expliquer tous lesmystères de la nature. Ne'» ton conçut que la terre ainsi figuréene devoit plus éprouver la même attraction des corps célestes;elle n’est plus un globe , dont tous les points de la surface sontégalement éloignés du centre ; elle a des parties qui donnentplus de prise , ôc qui doivent être différemment attirées. Ilsalloit en suivre les effets, & l’esprit apperçoit d’abord queees effets doivent être très-compliqués. Mais le génie a unevue qui simplifie tout, Sc les objets s’éclairent à cette lumière.Newton avoit déjà fait un grand pas vers la simplicité , en
(a) Liv, III, Propos. I-,
(6) Supra , Tora. I, p. 4-6.