SUR LES CORPS LUMINEUX, ôc. 685
Cette condition nécessaire ne suffit même pas ; il faut encoreconnoître leur distance, puisque la grandeur apparente diminuepar l’éloigncment , ôc s’évanouit quand la distance est tropgrande. Nous ne pouvons donc acquérir quelque notion duvolume des étoiles, que par des suppositions qui nous procu-reront , sinon une détermination , du moins une estime vrai-semblable. Nous pouvons reculer le Soleil par la pensée , 6cjuger par ce qu’il deviendra, de ce que sont les étoiles. Nou*sommes sûrs que leur diamètre n’occupe pas dans le cielune étendue qui surpasse une demi-seconde (a). Le Soleil enoccupe i 9 z o, ou 32 minutes ; en le plaçant 3840 fois plusloin , ce diamètre ne paroîtra plus que d’unc demi - seconde ,comme celui des étoiles. Cette dcmi-scconde répond sur nosgrands instrumens à un trois* centième de ligne ; ôc comme ilfaut cinquante cheveux pour couvrir une ligne, ou un douzièmede pouce, il s’ensuit qu’il faudroit alors répéter six fois déten-due du diamètre du Soleil, pour qu’elle répondît à celle d’uticheveu. Un Soleil six fois plus grand , mais ainsi éloigné,seroit entièrement éclipsé par un cheveu placé fur le limbe del’instrument. On a déjà peine à croire que ce point impercep-tible de l’efpacc céleste puisse avoir une lumière sensible , Scrayonner jufqu’à nous. Mais ce n’est pas touc , le défaut deparallaxe bien reconnu dans Sirius nous a fait conclure qu’ilétoit au moins cent mille fois plus loin que le Soleil ; il estdonc à une distance vingt-six fois plus grande que celle oìinous avions placé le Soleil. Le diamètre doit diminuer dansla même proportion ; ôc notre Soleil , envoyé au lieu où estSirius, auroit un diamètre apparent, qui nc seroit pas la cent
(a) Si une étoile avoit un diamètre de i" qu'en i" de sems & toutes les observation»íe degré dans k cid, la lune sc l’écJif seioic constatent que lçdipíe est instantacée.